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Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

Au cœur du Béarn des gaves, Salies-de-Béarn est située entre le gave de Pau au nord et le gave d’Oloron au sud, qui passe à Sauveterre-de-Béarn.

Cité du sel, la ville est une cité de caractère, aux vieilles maisons en pierre, aux toits pentus, aux ruelles pittoresques et fleuries. Elle doit son nom et sa renommée à ses sources salées déjà connues au XIe siècle.

L’emplacement connu aujourd’hui sous le nom de Salies-de-Béarn est occupé par les hommes dès l’âge de bronze. Ces populations s’installent dans un marécage insalubre qu’ils défrichent et assainissent. « Lou cami salié » (le chemin du sel) existait déjà à l’époque protohistorique, des silex taillés et des ossements retrouvés sur les lieux l’attestent.

Lors de l’occupation du Béarn par l’Empire Romain – du 1er au IVème siècle avant J.C – les colons développent la culture de la vigne sur les coteaux entre Salies-de-Béarn et Bellocq. Les découvertes de vestiges de poteries, amphores, céramiques, et fours destinés à chauffer l’eau salée pour extraire le sel, témoignent de l’exploitation de ce dernier et prouve que la pratique des eaux sur le site de Salies-de-Béarn était elle aussi bien connue des Romains.

Le premier document écrit évoquant explicitement la ville de Salies-de-Béarn remonte aux environs de l’an Mil. On peut tenir celui-ci comme l’acte de fondation de la cité. Ce document, rédigé en 1032, provient de l’Abbaye de Saint-Pé de Génères (Auiourd’hui Saint-Pé-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées). Dans ce texte, il est clairement fait mention de l’exploitation du sel à deux reprises et il y est précisé que, dés le XIème siècle, il existait à Salies-de-Béarn une poêle à fabriquer le sel.

Au XIIème siècle, ce sont les vicomtes Centulle qui gouvernent le Béarn et la localité de Salies-de-Béarn est alors l’objet d’une rivalité entre la vicomté de Béarn et sa voisine du nord, celle de Dax. C’est en 1194 que la région de Salies-de-Béarn est définitivement annexée au Béarn. À cette époque, le petit village béarnais que le commerce du sel fait prospérer rapidement, commence à s’organiser et à se fortifier afin de se défendre contre ceux dont elle attire les convoitises.

Architecturalement, la ville en développement va adopter alors une configuration dite « en escargot » à partir du lieu de la source saline (l’actuelle Place du Bayaà). Dans ce bassin à ciel ouvert on puise l’eau suivant un rituel très réglementé : À certaines heures de la journée, dès qu’un coup de cloche retentit, les tiredous (porteurs) s’emparent des sameaux (cuves) et courent à travers la cité pour en déverser le contenu de sel dans les coulédés (auges de pierre) qui se trouvent devant les maisons. Par de petits canaux souterrains de bois, les réservoirs des ateliers des façonneurs de sel sont ainsi alimentés.

Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

Déjà à cette époque, Salies-de-Béarn est traversée par le Saleys. Sur les berges de cette rivière – tantôt filet d’eau, tantôt torrent impétueux – les maisons à colombages et à toits pentus béarnais qui le surplombent sont bâties sur pilotis afin de se prémunir contre les éventuelles inondations dévastatrices provoquées par les pluies abondantes ou la fonte des neiges. 

En ce XIIème siècle, tourmenté mais fort pieux, une première église (Saint-Martin) est édifiée à Salies-de-Béarn et deux siècles plus tard, un second lieu de culte, plus vaste et doté d’un haut clocher fortifié, l’église Saint-Vincent, est érigé à son tour. À l’époque, Salies-de-Béarn est alors le siège d’un archiprêtré qui curieusement dépendra toujours du diocèse de Dax et ce, jusqu’à la Révolution française. Au Moyen Âge, Salies compte aussi un important quartier cagot et nombre de lieux, dans la ville intra-muros ou dans ses alentours, évoquent sorcières et sabbats. 

C’est au Moyen Âge que va naître à Salies-de-Béarn la Corporation des Part-prenants de la Fontaine Salée. Les habitants –  »besis » (voisins) – groupés autour de cette richesse naturelle décident d’organiser la répartition de l’eau salée afin d’éviter l’anarchie et la loi du plus fort pour la possession de la manne précieuse.

La Corporation des Part-prenants connaît ses premières codifications écrites à partir 1526 puis une codification définitive en 1587 qui est inscrite dans le « Livre Noir » de la cité. La charte, rédigée par les salisiens collectivement propriétaires de leur fontaine, réglemente dès lors définitivement l’usage du sel.

Salies-de-Béarn, donc, possède le monopole le commerce du sel en Béarn. Il faut garder en mémoire qu’au Moyen Âge le sel est une denrée rare et précieuse. Outre le goût fort apprécié qu’il donne aux aliments les plus fades, le sel permet de conserver les viandes et les populations peuvent ainsi éviter les famines. Devenu aujourd’hui simple condiment, le sel était autrefois un véritable élément de survie et le posséder générait puissance et richesse. Ainsi les salisiens exportent partout le produit de leur source et ce sel fait le bonheur des négociants de jambons de la ville de Bayonne (de nos jours encore, les véritables jambons de Bayonne sont salés au sel de Salies-de-Béarn.

En l’an 1523, lors de la guerre de Navarre, le Béarn connaît des heures sombres. Les espagnols envahissent le pays à la poursuite d’Henri II d’Albret. Les redoutables troupes de l’empereur Charles Quint, sous le commandement de Philibert de Chalon, Prince d’Orange, dévastent le Béarn et ses villes. Les espagnols assiègent puis occupent la localité voisine de Sauveterre-de-Béarn. Après assaut, la cité de Salies-de-Béarn, elle, est détruite. Dans l’incendie général de la ville disparaissent en fumée des maisons (des habitants, aussi) et surtout les anciennes archives de la Corporation des Part-prenants. Fort heureusement des actes publics – et notamment une sentence arbitrale d’Archambaud de Grailly, vicomte de Béarn – qui établissaient déjà la propriété immémoriale de la Fontaine Salée au profit des premiers habitants de Salies-de-Béarn échappent au désastre.

Cependant, pour avoir financé un quart de la guerre contre les troupes de Charles Quint, les habitants de la cité de Salies-de-Béarn sont exonérés de la gabelle (l’impôt sur le sel). La Corporation des Part-prenants de la Fontaine Salée connaît sa codification définitive en 1587. Celle-ci est confirmée l’année suivante par une ordonnance du Roi Henri III de Navarre qui reconnaît un droit de propriété individuel aux Part-Prenants. 

Salies-de-Béarn reconstruite, la renommée de la localité va reprendre de plus belle. Des textes du XVIème siècle mentionnent que, vers 1568, les Dames de la Cour de Jeanne d’Albret, qui résident régulièrement au Château de Bellocq tout proche, se rendent fréquemment à Salies-de-Béarn pour y prendre les eaux. Jeanne d’Albret, mère du futur Henri IV, en éprouve elle-même « moult soulagement.

La Réforme s’introduit en Béarn au XVIème siècle et la région devient très vite la terre dominante du protestantisme. Des troubles sanglants éclatent entre huguenots et catholiques, c’est le temps de ce que l’on appellera les Guerres de Religion. En août 1569, le comte Gabriel de Montgomery, répondant à l’appel au secours de Jeanne d’Albret, pénètre en Béarn à la tête d’une armée protestante pour y imposer de nouveau le culte réformé. C’est à Salies-de-Béarn, le 2 octobre suivant, que le comte Montgomery proclame la saisie de tous les biens d’église catholique romaine.

Au milieu du XVIIème siècle, le Béarn compte environ 30 000 protestants et la population salisienne, forte d’un temple « décoré au-dehors » est très largement acquise à la cause huguenote. En 1620, après l’assassinat d’Henri IV, le Béarn est rattaché au Royaume de France par son propre fils, Louis XIII. Salies-de-Béarn devient donc une ville du Royaume de France.

Pour financer ses guerres, Louis XIV, successeur du précédent, va vouloir prendre possession des salines pyrénéennes. Sur ordre du contrôleur général des finances Colbert, les divers intendants du royaume de France vont s’attaquer aux salines des royaumes pyrénéens en commençant par celle de Salies. L’autorité royale prétexte pour cela l’assistance que les villageois de Salies auraient portée à Audijos lors de la révolte antifiscale de Guyenne en 1664.

En 1675, un arrêt est rendu qui entend rattacher la saline au domaine royal. La Corporation des Parts-Prenants de la Fontaine Salée réagit alors prestement. Représentée par le syndic des États de Béarn, elle se pourvoit devant le Roi Soleil. La délégation lui présente les titres prouvant la possession immémoriale et paisible. L’État finit par s’incliner et la ville de Salies-de-Béarn sort finalement victorieuse de ce dangereux combat fiscal.

À partir de 1750, le protestantisme renaît librement en Béarn. Cependant, à l’époque de la Révolution Française, on ne compte plus que 5000 fidèles à la Réforme, principalement regroupés autour des villes de Salies-de-Béarn et Orthez.

La Révolution ne parvient pas non plus à abolir ou faire modifier les droits de l’ancienne Corporation des Parts-Prenants de la Fontaine Salée. En 1793, le pouvoir révolutionnaire statue clairement : Les puits de la Trompe deviennent certes propriété nationale, mais grâce au citoyen Bergeras, député Part-Prenant et avocat de la Corporation de Salies-de-Béarn, la copropriété du Bayàa est maintenue.

Napoléon 1er va, lui aussi, reconnaître le droit des Part-Prenants. Néanmoins, la suppression de l’impôt sur le sel (la gabelle) lors de la période révolutionnaire a entraîné la fin du monopole de vente du sel, et maintenant la concurrence du sel marin se montre grandissante et menaçante pour les producteurs de Salies-de-Béarn. Aussi, quelques décennies plus tard, en 1841, l’exploitation individuelle du sel de Salies devient industrielle avec la création des Salines de la Cité. À partir de là, afin de diversifier ses activités, Salies-de-Béarn va s’orienter vers le thermalisme afin de trouver au sel salisien un débouché médical.

Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

 

En 1855, la Corporation des Part-Prenants, sous l’impulsion du docteur Nogaret, décide la construction du premier établissement thermal de Salies-de-Béarn, lequel est achevé deux ans plus tard. Très vite après l’ouverture aux curistes de ces thermes, Salies-de-Béarn va s’affirmer comme une station thermale reconnue, réputée et même en vogue.

En 1867 le bassin à ciel ouvert de la place du Bayaà où jadis on puisait l’eau salée suivant un rituel très réglementé est recouvert et, aux vieilles maisons béarnaises en pierre, aux belles demeures des XVIIème et XVIIIème siècles, vont s’ajouter des édifices typiques de l’architecture thermale de la Belle-Époque. Au début du XXème siècle, grâce à l’afflux des curistes et le développement des voies de communication, le tourisme commence ainsi à se développer à Salies-de-Béarn.

Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

Salies de Bearn. Famille Billard Baltyde

Voici la liste sous format PDF (car bien trop longue) de nos ancêtres sur Salies

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