8 novembre 2011 by

Pied Noir : Les colonies agricoles en Algérie

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De nombreux renseignements pour ceux qui veulent étudier la colonisation française en Algérie

 

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Serge Billard Baltyde

 

Trouvé sur ce site, un article qui synthétise bien l’histoire des colonies agricoles :

Les  » colonies agricoles  » de 1848 sont nées de la conjonction de deux crises, d’origine différente : La crise métropolitaine et la crise algérienne.

La première est suffisamment connue pour qu’il soit utile d’y revenir. Soulignons seulement ses grandes lignes : Budget des  » 45 centimes « , élections modérées, échec des Ateliers nationaux, journées de juin. La répression de l’émeute a peut-être résolu le problème sur le plan politique. Sur le plan social rien n’est changé. Une armée de chômeurs encombre Paris, ce qui inquiète les gouvernants.

 

L’ALGÉRIE EN 1848

 

La crise algérienne mérite qu’on l’examine plus en détail. A première vue il semblerait que 1848 doive marquer l’épanouissement de la Colonie : la paix règne enfin. Abd-el-Kader s’est soumis. Seules quelques opérations sans importance autour de la Kabylie encore indépendante ont les honneurs du communiqué. Et pourtant jamais le découragement n’a été plus grand. En effet, le pays se débat dans une crise économique qui parait sans issue. A la base, le manque de crédit. Les capitaux métropolitains ont regagné la France pour être investis dans les chemins de fer – plus rentables – ou simplement pour se mettre à l’abri, car le malaise est général.

De toute façon, l’Algérie n’a rien qui puisse attirer les capitalistes. Les ordonnances d’Octobre 1844 et de juillet 1846, qui tentaient de mettre de l’ordre dans le régime de propriété européen et indigent, par l’examen sérieux des titres, laissent peser une menace constante d’éviction sur les possédants, fussent-ils de bonne foi. De nombreux colons hésitent dans ces conditions à engager les frais d’installation ; d’autant plus que l’argent ne se prête qu’à taux usuraire par suite de l’absence d’établissement de crédit, hypothécaire. Les exploitations en rapport voient d’autre part leurs produits grevés de droits de douane, au même titre que les produits étrangers.

La courbe démographique concrétise éloquemment la situation. Pour la première fois depuis 1830, la population civile européenne diminue : 100.000 individus en janvier 1848 contre 114.000 l’année précédente.

Les Algériens cependant se refusent à désespérer de l’avenir. D’innombrables projets de réforme surgissent. Malheureusement l’administration militaire, qui gère le pays, semble se désintéresser de_ la question. Diverses démarches effectuées auprès du roi Louis-Philippe ou de -ses ministres se sont heurtées au veto des bureaux du Ministère de la Guerre. L’antagonisme entre l’élément civil et l’élément militaire ne fait que croître. Aucune amélioration, dit-on, n’est à espérer tant que l’Algérie sera aux mains des militaires. Et pour rejeter cette tutelle honnie, l’opinion demande l’assimilation à la Métropole qui est présentée comme la panacée universelle.

Aussi, lorsque la nouvelle de la Révolution de Février parvient à Alger, beaucoup voient là l’occasion inespérée de secouer le joug des généraux. De fait, un accord s’établit rapidement entre l’Algérie et la seconde République. Celle-ci prend en faveur des Algériens trois mesures  » assimilatrices « 

L’Algérie est déclarée partie intégrante du territoire français. Elle est divisée en départements. Elle bénéficie de quatre représentants à l’Assemblée Nationale.

Cette dernière décision est d’une application immédiate puisque les élections ont lieu en Avril. Mais elle entraîne aussitôt le désenchantement : la majorité se désintéresse des efforts des députés algériens ; les généraux d’Afrique occupent dans [e nouveau régime les postes ales plus importants.

Dans ces conditions, il est inutile d’aborder de front la question politique. On se rabat sur la colonisation. L’accroissement de la population européenne rendra malaisé le maintien du régime militaire. Enfin, la crise de main-d’œuvre et peut-être celle des capitaux seront-elles ainsi momentanément résolues.

 

LES PROJETS DE COLONISATION OUVRIÈRE

 

Sur ces entrefaites, la fermeture des Ateliers Nationaux et les journées de juin secouent violemment la classe ouvrière de Paris. Elle se regroupe partiellement autour des anciens cadres des Ateliers, créant ainsi une sorte d’association assez importante.

Les Algériens de Paris, de leur côté, se réunissent depuis longtemps au sein de la  » Société Algérienne  » où un comité de colonisation a été fondé. Les dirigeants des deux groupements prennent contact dans un but précis Favoriser l’installation, en Algérie, des chômeurs. Le projet n’est pas neuf. On le trouve dans les colonnes de « l’Akhbar  » dès le 8 Avril. A leur départ, les ouvriers ne mettent qu’une condition les exploitations seront de type socialiste. Les Algériens, qui jugent leur échec probable, acceptent cependant : On trouvera toujours à utiliser cette main-d’œuvre. L’étude du projet est poussée assez loin et Ferdinand Barrot, député d’Algérie, promet de demander à la Chambre les crédits nécessaires.

Mais le Gouvernement n’est pas resté inactif. Le 15 Septembre, Lamoricière, ministre de la Guerre, obtient priorité de discussion pour son propre projet basé également sur le transfert des chômeurs en Algérie. Seulement les modalités d’application diffèrent du tout au tout. Et d’abord c’est l’Administration Militaire qui prend en charge l’installation (les émigrants. Ensuite il n’est plus question de travail en commun. Les lots de culture seront répartis individuellement, Les députés algériens Didier et de Rancé. soutenus seulement par l’extrême gauche, voient leurs amendements repoussés. La loi du 19 Septembre est votée. L’arrêté du 27 complète les dispositions prises. Voici quelles étaient les principales :

L’Enta accorde aux colons une maison individuelle et une concession agricole variant de 2 à 10 hectares, selon les charges de famille de l’intéressé et la richesse du sol. Pendant trois ans, il prend en charge les émigrants et leur famille, auxquels sont attribuées des rations alimentaires journalières. Il fournit également le cheptel, les instruments agricoles, les semences nécessaires à l’exploitation.

De leur côté, les colons, dans un délai semblable, doivent mettre en valeur leur concession, faute de quoi ils pourront être évincés. Les titres définitifs de propriété ne seront délivrés qu’une fois cette obligation remplie.

Enfin, clause qui fit couler beaucoup d’encre, les colonies agricoles pouvaient, au bout, d’un an, bénéficier du régime municipal des territoires civils, c’est-à-dire echapper au contrôle des militaires.

Un crédit de 5o millions, échelonné sur trois ans (5, 10, 35) devait permettre de financer chaque année la création de nouveaux centres. Comme 1848 était sur le point de s’achever, il ne fut prévu que 12.000 départs, sur 100.000 escomptés, avant le 31 Décembre.

 

LE TRANSPORT DES COLONS

 

En somme, les conditions faites aux colons par l’Etat étaient fort libérales et tout laissait prévoir le succès.L’enthousiasme des ouvriers en fut la preuve. Les demandes affluèrent.

La commission parlementaire, appelée commission Trelat du nom de’ son président, chargée de veiller à l’exécution de la loi, devait procéder à l’examen des candidatures et exclure, en principe, vieillards et femmes. En réalité, le contrôle fut illusoire. Aucun des états nominatifs, faits dans la confusion, ne s’avéra exact ; d’où d’innombrables difficultés d’ordre administratif à l’arrivée en Algérie. L’Etat s’était chargé du transport des colons et de leur mobilier. Le voyage devait s’effectuer par voie d’eau, seul moyen permettant à l’époque, de déplacer économiquement une telle masse de gens.

De Paris à Châlons devaient être utilisées des péniches hâlées à main d’homme, de Châlons à Arles des vapeurs fluviaux, d’Arles à Marseille le chemin de fer, une nouveauté.

Le départ du premier convoi, destiné à Saint-Cloud, eut lieu le 8 Octobre, quai de Bercy. Lamoricière remit aux colons un drapeau qui fut béni par le clergé. Les fanfares militaires répondirent au discours de Trélat et aux vivats de la foule.

Du 8 Octobre au 10 Décembre, seize convois devaient quitter Paris avec un cérémonial analogue.

En général, le trajet de Paris à Châlons, malgré l’inconfort des péniches (ni lits, ni hamacs ni cloisons- de séparation) laissa de bons souvenirs. La lenteur (lu voyage (12 jours) permettait de fréquentes haltes et l’entreprise chargée du transport nourrissait fort convenablement les colons. De Châlons à Arles, la vitesse des vapeurs suscita des craintes, ainsi que les tunnels du chemin de fer qui les conduisit à Marseille. La plupart des colons gardèrent un mauvais souvenir des villes, Lyon, Arles, Marseille) qui les hébergèrent sans enthousiasme, les traitant en individus dangereux plutôt qu’en émigrants. Peut-être faut-il voir là l’origine de la légende des  » Déportés de 1848  » –

Après un séjour assez bref à Marseille, les colons s’embarquèrent pour l’Algérie.

 

L’ORGANISATION DES COLONIES AGRICOLES

 

Que devaient-ils trouver en arrivant ?

Le nouveau Gouverneur Général Charon avait pris à cœur le succès des colonies. Les instructions émanant de lui en témoignent. Mais le délai accordé devait s’avérer ridicule en regard de la tâche assumée. Dans un pays dépourvu de routes, au cadastre incertain, il fallait faire surgir de terre 42 villages, alors que l’Algérie française ne comptait que 8o agglomérations.

La première besogne consistait à trouver les terres nécessaires à la constitution des périmètres de colonisation, dans des régions salubres, sûres et possédant (les points d’eau. Heureusement les travaux des commissions d’enquête créées en 1846 avaient jeté quelque clarté sur la question des terres domaniales. Ils furent d’un précieux secours et ce n’est que rarement qu’il fallut recourir à des expropriations légales.

Dans chaque subdivision d’autres commissions statuèrent sur l’emplacement des futurs centres.

L’esprit militaire qui les animait sacrifia souvent la salubrité à la sécurité. Sous l’influence (le Lamoricière, ancien divisionnaire d’Oran, cette province eut la part du lion : Aboukir, Rivoli, Aïn-Nouissy, Tourin. Karouba, Aïn-Tédelès, Souk-el-Mitou, Saint-Leu, Damesme, Arzew, Mulet’-Magoun, Kléber, Mefessour, Saint-Cloud, Fleurus, Assi-Ameur, Assi-ben-Ferrah, Saint-Louis, Assi-ben-Okha, Assi-bou-Nif, Mangin.

L’Algérois reçut 12 villages, échelonnés le long des routes Blida-Cherchell (El-Affroun, Bou-Roumi, Marengo. Zurich, Novi) ou Koléa-Cherchell (Castiglione-Tefeschoun), tandis que les agglomérations excentriques de Médéa, Orléansville et Ténès se voyaient respectivement renforcées de Lodi, Damiette, la Ferme, Ponteha, Montenotte.
Dans le Constantinois, peu peuplé, la région de Guelma. avec Héliopolis, Guelma, Millesimo, Petit ; le Cercle de Philippeville avec Jemmapes, Gastouville. Robertville la plaine de la Seybouse avec Mondovi et Barrai, se partagèrent 9 colonies.
Les travaux d’installation commencèrent aussitôt. Pressée par le temps, l’Administration renonça aux maisons individuelles et fit élever des baraquements de 6o mètres de long. Encore étaient-ils ‘,-à l’état de projet dans beaucoup de centres lors de l’arrivée des colons.
Il n’était pas non plus question d’attribuer d’emblée les lots de culture, encore non délimités. L’armée fut chargée de défricher quelques hectares par village afin de permettre aux émigrants de semer (dès la première année. Dans certains centres, les directeurs s’abouchèrent avec les Bureaux. Arabes qui mirent à leur disposition des Khamnlès (métayers musulmans) pour préparer une partie du sol.
Les routes qui devaient joindre les colonies aux villes voisines restèrent dans le domaine de l’imagination ainsi que les  » travaux d’hydraulique « , entendez le captage des sources.
Sur le plan administratif s’étaient posés deux grands problèmes : l’administration des centres et la distribution (les fournitures et rations promises.
Le premier fut réglé de façon fort économique. Les bureaux des subdivisions s’en chargèrent. La chose fut d’ailleurs facilitée par l’étendue des pouvoirs accordés aux Directeurs des colonies. Ceux-ci choisis parmi les officiers volontaires cumulaient à la fois l’exécutif, le judiciaire et le législatif. Par malheur, à part quelques brillantes exceptions, tels Lapassel ou de Malgaive, ils se montrèrent souvent au-dessous de leur tâche, pour ne pas dire plus. Certains, spontanément, cherchèrent à tempérer leur propre omnipotence en créant des conseils de familles ou conseils des colons, composés de représentants élus de leurs administrés. Les centres les plus importants, reçurent les Directeurs adjoints. Tous, à d’origine, devaient posséder des  » Moniteurs de culture « . Mais Lamoricière, sous prétexte d’économie le supprima, ce qui fut une lourde faute. En réalité, il semble bien qu’il ait voulu ainsi préserver la toute puissance des Officiers-Directeur
Le second problème reçut une double solution. Les fournitures agricoles incombèrent à l’administration militaire, ce qui entraîna des retards catastrophiques car cille refusa de tenir compte. de la situation particulière de chaque centre, Le ravitaillement lut confié à des adjudicataires dont le manque de conscience devint proverbial.

FONCTIONNEMENT DES COLONIES AGRICOLES

L’accueil que l’Algérie réserva aux colons fut réconfortant. Bon peuple et officiels reçurent les Paris siens avec une cordialité souvent fastueuse. Seuls les milieux de droite boudèrent un peu. Mais les plu, mécontents devaient être les colons eux-mêmes lorsqu’ils furent enfin rendus à pied d’oeuvre. Tout était à faire. Les interventions pressantes de Lamoricière n’avaient souvent fait qu’accroître la confusion et retarder les travaux. Ainsi, afin de pouvoir présenter à Paris des états conformes aux exigences ministérielles, certains villages changèrent plusieurs fois de nom pour les besoins de la cause. Mais la réalité ne varia pas.

Les colons devaient porter leurs efforts sur trois points défricher, ensemencer, bâtir les maisons. Les inconvénients du système administratif adopté se révélèrent d’emblée. Un exemple entre cent : dans l’Algérois, boeufs et charrues restèrent longtemps sans être utilisés car on avait omis de fournir les jougs en temps voulu.

La fin de 1848 et les premiers mois de 1849 furent perdus, pour le travail des champs par suite du mauvais temps et du manque d’instruments agricoles. L’édification des maisons, en revanche, démarra ; l’ingéniosité des ouvriers parisien pouvant s’exercer plus facilement dans ce domaine.

Il était permis d’espérer un essor définitif pour la belle saison. Le contraire se produisit. La majorité des villages avaient été situé en terrains impaludés (il n’en existait guère d’autres) les fièvres éprouvèrent sérieusement les habitants et abaissèrent leur moral. On enregistra alors les premiers départs. Quelques mois plus tard, la terrible épidémie de choléra de 1849 fondait sur cette population déjà affaiblie par le paludisme et de mauvaises conditions matérielles. Les colons touchèrent le fond de la misère humaine. Des familles entières disparurent. Le nombre des décès atteignit près du tiers de l’effectif total. Pour comble de malchance l’année t849 connut la sécheresse. La récolte de blé, la seule, fut pitoyable. Dans certains centres l’état sanitaire des colons laissait tellement désirer qu’il fallut avoir recours à la main-d’oeuvre indigène pour la moisson.

Sur le plan moral, les choses allaient aussi mal. Le désenchantement des débuts s’accrut de la différence de tempérament existant entre Directeurs et colons. Les premiers se plaignaient de l’indiscipline des seconds et de leur inaptitude à la vie agricole. Ces dernier critiquaient la dictature des officiers. Les lenteurs de la mise en train, le mauvais ravitaillement, les erreurs administratives que de bons esprits transformaient en brimades volontaires augmentèrent l’animosité réciproque.

Les élections législatives de 1849 reflétèrent cet état d’esprit. Malgré les pressions exercées, les colonies agricoles votèrent socialiste. L`affaire des  » Evictions » porta à la connaissance du Parlement ce malaise général. En effet, beaucoup de directeurs, afin d’avoir leurs administrés bien en main avaient expulsé de leur propre autorité les éléments jugés indésirables. Les colons se plaignirent de ne plus pouvoir être surs du lendemain et d’oeuvrer pour autrui. L’émotion suscitée par cette affaire fut caractéristique.

ABANDON DE LA COLONISATION OUVRIERE

Aussi, dès le printemps, l’Assemblée Nationale, avant de procéder à la création des colonies de 1849, avait voulu examiner de près le fonctionnement des centres précédemment créés. Mais sa majorité avait changé. Les conservateurs revenus au pouvoir voyaient d’un mauvais oeil cette création des  » Montagnards  » en 1848 et suscitaient une campagne de presse fort déplaisante contre les colons. Il est à remarquer que les journaux algériens ne s’y associèrent pas.

Au renouvellement de la commission des colonies agricoles, Trélat fut remplacé par Reybaud. Ce dernier et ses collègues furent hués lors de leur débarquement à Alger. Ils menèrent cependant leur enquête avec objectivité et lavèrent les colons des calomnies dont ils étaient l’objet, sans pour cela prendre leur défense. En revanche, ils s’alarmèrent de la toute puissance des directeurs et par 4 voix contre 3 demandèrent, ainsi qu’il était prévu, la remise des colonies à l’autorité civile. La commission préconisa enfin l’abandon de la colonisation ouvrière et conseilla de compléter l’effectif des concessionnaires avec des cultivateurs confirmés ou d’anciens militaires, recrutement qui fut adopté pour les douze centres créés en 1849 (Ameur-el-Aïn, Bourkika, Aïn-Benian, Bou-Medfa, Aïn-Sultan, Sidi-Nassar, Bled-Touria, Aïn-Sidi-Chérif, Aïn-Boudinar, Pont-du-Chérif, Bou-Tlélis, Ahmed-ben-Ali). En somme, Reybaud proposait la liquidation définitive de l’expérience. Son point de vue fut adopté, sauf en ce qui concerne le régime administratif des villages, qui restèrent sous la coupe des militaires.

Cette dernière mesure fut très sensible aux colons. Nombreux furent ceux qui abandonnèrent alors la partie et regagnèrent Marseille. Là, laissés sans ressources, la santé ébranlée, ils disparurent la plupart dans la horde des miséreux.

En 1851, l’effectif des colons de 1848 ne représentait plus que le tiers de l’effectif initial. Les colonies, bien que renforcées d’éléments étrangers (cultivateurs, militaires), ne prospérèrent pas pour autant.A cela, deux causes : La sécheresse persistante qui ne prit fin qu’en 1853 et la mauvaise organisation agricole, conséquence de théories économiques critiquables. En effet sur ces concessions exiguës, l’administration poussa les colons à cultiver le blé. La vigne, culture riche maisnon  » nourricière  » fut sévèrement réglementée.

Aussi en juillet 1852, date à laquelle elles furent remises à l’autorité civile qui les accepta sans enthousiasme, les colonies agricoles végétaient encore. Cependant leur esprit avait changé, comme en témoigna le plébiscite de 1851 où elles votèrent en faveur du futur Napoléon III.

* * *

Comment conclure ?

Peut-on dire que les colonies agricoles se soient soldées par un échec ?

Non, si l’on songe aux villages d’aujourd’hui, aux cultures qui remplacent la broussaille ou le marais. aux populations tant européennes que musulmanes que nourrissent ces régions jadis déshéritées.

Oui, si l’on compare les souffrances des pionniers aux résultats immédiats qu’ils obtinrent.
——–

Dans l’esprit des promoteurs, cette colonisation ouvrière devait résoudre, pour la Métropole, le problème du paupérisme et infuser à l’Algérie un sang nouveau. Là, l’insuccès fut total, puisque sur 100.000 émigrants prévus, 14.000 seulement vinrent en Algérie, sur lesquels 3.000, en tout et pour tout, réussirent.

 

P. BOYER
Archiviste en chef du département d’Alger.

Alger, Algérie : documents algériens, Série économique : agriculture. Les colonies agricoles de 1848*.5 pages – n°54 – 30 décembre 1948

 

 

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Serge Billard Baltyde

2 Responses to Pied Noir : Les colonies agricoles en Algérie

  1. hamid

    Vous nous avez séquestrées des terres qui nous revenaient de droit ..vous les avez exploiter pendant presque un siècle ..et puis vous les avez livrés a l’état…alors que vous devez les restituer aux vrais propriétaires ..mais cela me laisse penser et croire que l’etat francais est un pays destructeur de la propriété …voire site Xavier sur neo-tech

    • admin

      Faire la différence entre ceux que l’on a viré de France en 1850 (comme indésirables ou dangereux politiquement) dans des convois escortés par l’armée pour servir d’ouvriers aux riches colons déjà implantés et ceux que vous semblez haïr. Ces derniers sont rentrés avec leur fortune bien avant l’indépendance laissant le peuple se débrouiller dans la misère. Mon grand-père travaillait à l’usine, son père était facteur, son grand-père était employé dans une ferme.
      Dans mes ancêtres: Saada Ben Belkacem, Abdelkader Benjelloul, Farid Benjelloul, mes enfants et petits enfants sont El Bourkhissi

      Le peuple d’un côté et de l’autre a souffert

      Il ne faut pas se tromper de cible et le vivre au quotidien

      Au plaisir

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