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Serge Billard Baltyde

 

Il s’appelait Kergariou

Et s’en venait on ne sait d’où

Probablement du Finistère

Bien qu’il eut d’illustres aïeux

Il était pauvre comme un gueux

Et n’en faisait aucun mystère

Portait l’habit des anciens jours

Et mettait le même toujours.

Hiver, été, printemps, automne

Vint à Paris en bragou-braz

Appuyé sur un grand pen baz

À la bretonne.

Dès en arrivant à la Cour

Il eut deux duels chaque jour

Le matin et l’après soupée

Pour prouver aux gens de bon ton

Que, s’il jouait bien du bâton,

Il tirait encore mieux l’épée

Il n’avait que des ennemis

Au vingtième, il eut pour amis

Tous les grands de la Capitale

Devint alors un élégant

À bible, jabot, catogan

À la royale.

Un beau jour enfin, par surcroît

Entra dans les houzards du roi

Dont il fut bientôt capitaine

Devint la terreur des époux

Eut deux, trois, quatre rendez-vous

Et puis les compta par douzaines

De tout cœur il fut triomphant

Du farouche qui se défend

Et du craintif qui se hasarde

Hop là, tous ne faisaient qu’un saut

Il vous les emportait d’assaut

À la houzarde.

Chantez trompettes et tambours

Adieu Paris et les amours

Kergariou part à la guerre

Il s’y bat gaiement sans souci

La mort est une femme aussi

Kergariou ne la craint guère

Or, au matin de Fontenoy

Nous ayant crié « Suivez-moi ! »

Il bondit sur la troupe anglaise

Reçut trois balles dans la peau

Et mourut devant son drapeau

À la Française

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Serge Billard Baltyde