Marquis de Bésignan

Agenda de 1788

 

1788 fut une année remarquable sur bien des points mais en particulier sur le mauvais temps qui sera l’un des froments de la Révolution Française.

En juillet, la sécheresse fut excessive. Les moissons allaient être désastreuses. De juin à septembre, le Sud du département de la Drôme subit plusieurs orages violents. La foudre s’abattit sur les hommes et les bêtes. Les témoins parlent même d’ouragans, en particulier sur Vinsobres le 19 août.

Puis la grêle se manifesta à partir du mois de septembre pour laisser ensuite la place à des pluies catastrophiques qui allaient durer jusqu’en décembre.

Le livre de raison des frères Micault, de Dijon, clôt l’année 1788 par les réflexions suivantes :

«Fin d’année remarquable et qui fera époque dans l’histoire par trois circonstances : La première, fermentation dans les esprits et surtout dans le tiers-état ; La deuxième, sécheresse sans exemple pour la saison ; La troisième, froid si excessif qu’aucun vieillard existant n’en a senty de pareil, même pendant l’hiver 1709

Nous retrouvons dans les archives locales, pour le mois de janvier 1788, la notion d’une épidémie dans la Vallée de l’Ennuyée:

«fluxion dont la cause dépendait de lacrimonie saline de la lymphe et de la bile et qui ressemble à la périmneumonie».

Le 21 juillet, l’assemblée provisoire des trois ordres du Dauphiné se réunissait dans la salle du jeu de paume du Château de Vizille, ancienne résidence de Lesdiguières.

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Château de Vizille.

 Château de Vizille

2 avocats s’y distinguèrent : Jean Joseph Mounier et Antoine Barnave.

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Jean Joseph Mounier.

L’Assemblée des Municipalités exigeait le rétablissement des états provinciaux du Dauphiné et réclama la convocation d’Etats Généraux de la province, puis du royaume, avec élections libres et participation double du tiers-état, par rapport aux deux autres ordres réunis.

Pierre Duclos, marquis de Bésignan et co-seigneur du Poët-Sigillat y participa activement.

Le marquis de Raphélis-Soissan, seigneur de Saint-Sauveur-Gouvernet et en partie de Bellecombe-Tarendol, donna son pouvoir pour adhérer aux décisions qui seraient prises.

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Carte de Buis les Baronnies.

Le 9 septembre, l’Assemblée de Romans élabore le plan d’organisation des futurs états. Nyons se fit représenter par Bertrand de Montfort, Romieu-Dessorgues et Goubert.

Bertrand de Montfort était le fils d’un marchand de dentelle, domicilié au Buis-les-Baronnies. Il acheta son titre de noblesse pontificale et le fit reconnaître, le 22 novembre 1788, par le parlement de Grenoble qui lui reconnut le droit de se qualifier : «Comte de Montfort dans les Etats du Saint Siège.».

Le 26 octobre, les notables de Buis constatant, lors d’une réunion, que le calme était enfin revenu dans leur ville, félicitèrent leurs députés et demandèrent à la population de s’assembler pour un «Te Deum» le jour de la Toussaint.

Du 1er décembre 1788 au 16 janvier 1789, les Etats du Dauphiné furent réunis à Romans ;

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Tiers Etat de Romans.

Les représentants de Buis les Baronnies furent le vibailli Bertrand de Montfort et le premier échevin Leydier.

Les représentants de Nyons se nommaient Craponne-Duvillard, Barillon et Girousse.

Les Etats du Dauphiné désignèrent les 24 représentants des trois ordres aux Etats Généraux, qui devaient se réunir à Versailles.

Parmi les douze élus du Tiers se trouvait le vibailli Bertrand de Montfort, âgé de 50 ans, délégué du Buis.

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Serge Billard Baltyde