Pierre Duclos, dit le Marquis de Bésignan, et la Révolution Française

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Pierre Charles Marie Joseph Duclos, marquis de Bésignan, connut une vie mouvementée, digne de figurer dans les meilleurs romans populaires.

Ce que nous nous proposons de faire avec cet ouvrage, est d’en tracer les grandes lignes depuis sa naissance jusqu’à sa disparition et sa mort, sans doute à l’étranger, et qui demeurent à ce jour un mystère.

Tous les événements, anecdotes et dates qui se trouvent dans cet ouvrage sont rigoureusement exacts. Cependant, certains flous demeurent dans les archives, ainsi que des «trous» que nous n’avons pu combler. Nous les signalons simplement.

Duclos de Bésignan fut – quelquefois un peu malgré lui – un artisan de la révolution française. Il fut surtout victime d’une époque où les alliés d’hier devenaient les ennemis d’aujourd’hui et au cours de laquelle, il était bien difficile, pour un petit noble de la campagne, de choisir définitivement son camp sans risquer la guillotine. Il faut comprendre que le marquis a tout juste vingt ans quand il hérite de Bésignan et qu’il ignore à peu près tout de la gestion des terres et domaines qui lui incombent.. Son Père lui lègue surtout des dettes, qu’il cherchera à combler sa vie durant, allant de catastrophe en catastrophe.

Comme un héros de roman, Bésignan est un personnage attachant. Puissiez-vous prendre autant de plaisir à le découvrir que nous en avons eu à le faire en consultant les archives.Les Duclaux-Bésignan sont originaires de Nyons où l’on relève en 1327 un Claude Duclaux. Ensuite vint Antoine Duclos, comme marchand à Nyons en 1585. Les archives sont malheureusement muettes sur la lignée jusqu’à ce qu’apparaisse, en 1696, Pierre Duclos, châtelain royal aux Baronnies. La famille a donc été anoblie entre temps. A moins que ce Pierre Duclos ait été le premier anobli. A ce sujet, les archives consultées ne nous donnent guère de détail. La famille s’est répandue par la suite dans les Baronnies : à Mirabel-aux-Baronnies, à La Rochette-du-Buis, à Bésignan et à Buis-les-Baronnies.

La famille Duclos est originaire des Baronnies Drômoises, région située à l’Est du département de la Drôme.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Mirabel aux Baronnies

Cartes de Buis-les-Baronnies et ses environs
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Au Buis, les Duclaux Bésignan possèdent une maison ainsi décrite dans le cadastre de 1726 :  « Parcelle de M. Abel Taxil, seigneur de Bésignan, maison sous les petits arcs et chambre y jointe, acquise de M. Bourdelon curé, confronté du levant les murailles de la ville, du couchant la place du marché et maison de Georges Roux, du midy de Sr Jacques Pascal et de bize de Georges Roux et dudit Sr Bourdelon contenant compris six toises pour la dite chambre trente et une toises estimées à trois deniers petits par toise trois sols vingt et un petits deniers somme grosse 46 livres dix sols. »

On parle le 11 septembre 1768 de louer cet immeuble pour servir d’hôtel de ville.

Le 22 janvier 1776 nous pouvons noter que Duclaux de la Rochette est écuyer à Grenoble, prévôt général de la maréchaussée du Dauphiné.

Le grand-père du marquis, François Justin Duclaux, s’est marié avec Marie de Taxis.

Son père était Joseph Justin Constantin Philippe Duclos, né le 17 mai 1721 à Mirabel aux Baronnies. Il épousa en l’église de Bésignan, le 19 novembre 1748, Marguerite Geneviève de Blosset, fille de Hector de Blosset et de Anne Charlotte de Taxis. Il acquit Bésignan en 1766. Marguerite Geneviève de Blosset mourut le 23 août 1785, âgée d’environ 45 ans.

De cette union naquirent sept enfants :

Marie-Rose, qui mourut à l’âge de deux mois : (° 01.06.1751,+ 19.08.1751)

Marie-Anne, Angélique, Marguerite, née le 04 avril 1756.

Pierre Charles Marie Joseph, le futur marquis de Bésignan, né le 10.04.1759 à Mirabel aux Baronnies.

Marie Justine Reine Jeanne, née en 1760 et qui mourut à l’âge de trente ans.

Marie Joséphine, qui devint religieuse.

Jean Hector, (on ignore s’il avait d’autres prénoms) qui fut curé de Grignan.

François Marie Joseph Hector, né en 1768, qui devint lieutenant de la Marine Royale puis finit sa vie à l’Isle-sur-la-Sorgue.

Pierre Charles Marie Joseph épousa sa cousine, Marie Jeanne Martine de la Mésangère le 02 février 1780. De cette union naquirent quatre enfants :

Pierre Constantin Hercule, baptisé le 10 novembre 1780 en l’hôtel particulier des Bésignan et qui mourut à l’âge de 9 ans.

Louis Désiré Ulysse, né à Bésignan le 21 août 1782

Hippolyte, né le 13 août 1783, qui devint capitaine des gardes de Murat, sur la place de Paris. Il mourut probablement en Guadeloupe.

Jean Achille Armand, né le 13 août 1783 à Mirabel et qui mourut dans les suites de l’incendie du château. (Nuit du 27 au 28 août 1792).

Louis Désiré Ulysse était receveur municipal des contributions indirectes à Sisteron en 1823.

Il se maria avec Mademoiselle Taxis du Poët et eu deux enfants.

Il est l’auteur de deux ouvrages :

1 – « Considérations sur l’agriculture et projets d’amélioration soumis au jugement de tous les hommes éclairés, afin de les mettre à même de contribuer à leur exécution. (Paris, Pihan de la Forest 1828, in-8° de 31 pp et deux tableaux. »

2 – « Considérations politiques, morales et industrielles applicables à l’extinction du Paupérisme, par une œuvre de Charité, à l’Election industrielle et politique du Libre-Echange, à un nouveau système de Finances, enfin à l’Organisation des Banques territoriales et communales. »( Marseille, E. Mengelle, 1846, in-12 de 58 pp).

Nous ignorons tout des enfants qu’eut éventuellement son frère François Marie Joseph Hector.

Sa sœur Marie Anne Angélique Marguerite, quant à elle, épousa René de Taxis du Poët, un lointain cousin, né le 22 novembre 1744 à Orpierre.

Le mariage eut lieu le 20 mars 1776. René de Taxis du Poët devint un ardent défenseur de la Révolution, fut élu maire de son village. Il changea son nom en Publicolas lors d’un baptême civil le 12 novembre 1793. Ces cinq enfants furent rebaptisés en :

•Brutus, né le 25 septembre 1777.

•Caïus, né le 08 août 1781.

•Décius, né le 06 août 1782.

•Aéréta, née le 22 octobre 1789.

•Cornélia, née le 08 juillet 1792.

Les relations entre René Taxis dit Publicolas et son beau-frère, le marquis de Bésignan, ont été très orageuses et cela dès le testament de 1781. Il pourchassera Pierre Charles Duclos pendant toute la période révolutionnaire afin d’obtenir le paiement de ses dettes. Puis le calme revenu, ayant repris son identité réelle, René de Taxis du Poët réclamera une partie de l’indemnité réservée aux émigrés, comme parent d’un royaliste.

A cette époque, 3 branches principales composaient la famille :

1 – Celle de Pierre Charles Joseph Marie Duclos, marquis de Bésignan.

2 – Celle des Duclos de La Mésangère.

3 – Enfin celle des Duclos de Marville.

Leurs armes se représentaient de gueules à deux clefs de sable passées en sautoir, au chef cousu d’azur chargé de trois étoiles d’argent.

Le marquis appartenait donc à une vieille famille de Nyons transplantée à Mirabel avec François Justin Duclos,(son grand-père) seigneur de Molestre, maire perpétuel de Mirabel qui acquit en 1703 une partie de la seigneurie de Bésignan en épousant Marie de Taxis, fille et héritière d’Adam, co-seigneur dudit lieu.

La terre et le château de Bésignan lui furent cédés par son père à l’occasion de son mariage avec Marie Jeanne Martine Duclos de la Mésangère, sa parente, le 2 février 1780. Par testament de sa mère, Geneviève, Marguerite, daté du 30 juillet 1781, il héritait en même temps du domaine de Mirabel, mais la donation fut signée réellement le 08 mars 1786. Dans ce testament, le jeune marquis s’engageait à laisser l’usufruit à son père et à verser 20.000 livres aux autres enfants :

Le 30 juin 1786, le père du marquis, affolé par les dettes de son fils, demanda la révocation du testament et de la donation. Celle-ci ne sera effective que le 20 juin 1789, soit trois ans plus tard.

Après la destruction de son château (voir plus loin) et son évasion dans la nuit du 27 au 28 août 1792, le marquis gagna la frontière pour s’engager dans l’armée de Condé. Déçu par le mauvais accueil que lui réserva ce dernier, il revint sur Lyon pour prendre part à d’obscures intrigues. Il offrit ensuite ses services aux princes pour soulever le Forez. N’ayant aucune réponse, il se rendit à Mannheim où le prince de Condé, qui ne le prenait toujours pas au sérieux, le plaça sous les ordres de M. de Chevanne, un des chefs du parti royaliste à Lyon. C’est alors que, sans ordre, comme on le verra plus tard, il projeta seul de s’emparer de la citadelle de Besançon.

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Serge Billard Baltyde