Marquis de Bésignan

Agenda 1790 du Marquis

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En janvier, le curé Clerc succédait au curé Cabared à la tenue des registres d’Arpavon.

Une sage femme y est citée : Marguerite Franier , femme de Joseph Bonnet. Jean Pierre Reynaud de Rémuzat est maître d’école à Arpavon à la même date.

Le 03 janvier, la fédération de Nyons fut présidée par le chevalier de Galloët.

Au mois de janvier, le peuple commençait à se soulever. On assista aux premières jacqueries en Périgord.

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Affiche du film « Jacquou le Croquant » sur les jacqueries du Perigord

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Scène du film « Jacquou le croquant »

Le 3 janvier, un rassemblement royaliste se tint à Pont-Saint-Esprit.

Le 15 janvier, Henri Joseph Villelongue, fils du maître chirurgien, et SM Jaquet eurent un enfant, prénommé Joseph, né à Sainte Jalle.

Le 24 janvier, les gens furent réveillés à 4 heures du matin par un tremblement de terre à Tulette et Visan.

Le 31 janvier, Barbier de Villecroze, juge à Sainte Jalle, fut élu maire de Buis. Il sera arrêté en 1793 et guillotiné à Paris le 17 juillet 1794.

Le même jour, les élections se déroulaient, à 10 heures du matin, dans l’église paroissiale de Sainte Jalle en présence de:

  • Jean André Teste premier consul
  • Joseph Barjavel second consul
  • Jean Baptiste Barjavel notaire royal, châtelain de ce lieu

Et en présence de Jean Augustin Coulet, Claude Autrand, Jean Allemand, Thomas Liotaud, Laurens Long, Jean Claude Roux père, Joseph Liotaud fils à Joseph.

Furent élus :

  • Jean André Teste maire
  • Jean François Charponnel officier municipal
  • Sebastian Roux officier municipal
  • François Loubier procureur

Et six notables ; Antoine Giraud, Jean Claude Roux, Joseph Henri Villelongue, Thomas Liotaud, Jean Baptiste Louis Barjavel, Jean François Loubier.

Le 09 février, mariage au Poët Sigillat entre «Jean Joseph Teste, fils de feu Jean Joseph et feue Rose Teste de Sainte Jalle avec Marie Anne Aubert, fille de feu Pierre et Magdeleine Mauric.» Les oncles étaient Jean Louis Teste et Jean Teste de Sainte Jalle, Le chirurgien Villelongue servait de témoin ainsi que Jean Pierre Barnouin de Saint Sauveur.

Le 13 février, la ville de Buis les Baronnies fut confirmée dans son rôle de sous-préfecture. La principauté d’Orange allait être jointe à la Drôme et devint le district d’Orange.

Le 14 février, à Sainte Jalle, le conseil communal procéda à la nomination d’un secrétaire greffier en la personne de Jean Pierre Motte à raison de 18 livres jusqu’à la Saint Martin.

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Dieu, le Roy

Le 24 février, le marquis de Bésignan écrivait une lettre concernant les créanciers dans laquelle il dit, non sans quelque raison, «avoir été abusé pendant sa minorité».

Dans ce mois de février, Duclos avait obtenu de la Cour de Grenoble un décret de prise de corps contre plusieurs paysans du Poët Sigillat et de Tarendol mais il n’avait pas le pouvoir de le faire exécuter. Il écrivit :

«Mes vassaux de Bésignan n’ont pas voulu payer; ceux du Poët encore moins; aucun fermier ne paie, aucun débiteur ne s’exécute.»

Le 15 mars, l’Assemblée décidait l’abolition sans indemnité des droits seigneuriaux, supposés usurpés ou créés par la violence. Les redevances foncières (rentes, cens et champarts) restaient soumises au rachat. De même, les députés votèrent l’égalité des droits de succession, abolissant le « privilège de masculinité » et le « droit d’aînesse« .

Les difficultés d’approvisionnement en grain sur Buis devenaient intolérables. Le 06 juin, une distribution de blé fut faite aux nécessiteux avec un prix fixé à 6 livres l’eymine.

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La distribution du blé

Le 10 juin : Soulèvement en Avignon pour le rattachement à la France.

Le 19 juin, l’Assemblée Nationale décrétait que la noblesse héréditaire était abolie.

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Abolition de la noblesse

Le 29 juin, 4 prud’hommes furent désignés pour assister aux Etats du Dauphiné.

L’été fut particulièrement sec.

Le 12 juillet : Constitution civile du clergé.

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Constitution civile du clergé

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Constitution civile du clergé

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Constitution civile du clergé

Le 23 juillet, Barbier de Villecroze, maire, et Richaud, procureur de Buis, furent élus, le premier au département, le deuxième au district. Ils ont été remplacés par Pierre Bertrand et Brochéry.

Le 23 août, l’administration du district et sa direction furent transférées de Buis à Nyons. Seul le tribunal restait au Buis.

Le 05 septembre, la communauté de Sainte Jalle fit appel au curé Viarca, venant de Vercoiran, pour vérifier les droits seigneuriaux accordés pour les foires et marchés de la commune de Sainte Jalle.

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Ce même 05 septembre, le marquis de Bésignan demandait à la ville de Buis de lui prêter main forte

«par troupes réglées contre certains particuliers de Tarendol et du Poët Sigillat.»

Le conseil se déclara incompétent et renvoya Duclos au district le 12 septembre puis le 28 au département.

Le 08 septembre, les huissiers, appuyés par des cavaliers de la maréchaussée, arrivaient au Poët Sigillat pour exercer des saisies et prises de corps contre les auteurs dénoncés par le marquis de Bésignan. Ils furent accueillis par des coups de fusils et le tambour battant la générale.

Le 12 septembre, à Sainte Jalle, création du «bureau charitable» et ouverture du testament de Limaye, seigneur du lieu. La commune décida alors l’inventaire des biens communaux et seigneuriaux.

L’automne fut très sec.

C’est alors que, le 28 septembre, le conseil général de Buis, refusant d’envoyer la troupe pour soutenir le marquis, écrit la lettre déjà citée :

«considérant que les exécutions violentes et à mains armées que le sieur de Bésignan médite, si elles avaient lieu, compromettraient la paix et la concorde qui règne dans tout le canton et que les circonstances actuelles ne permettent pas d’ébranler, arrête que messieurs les administrateurs du département sont priés de ramener, s’ils le peuvent, le Sieur Duclos de Bésignan aux voies de pacification et d’arrangement amiables

Le 03 octobre, le marquis répondit par courrier. En voici quelques extraits :

«Impunité du crime des habitants du Poët…»

«Après avoir perdu toute récolte, par un dégât sans exemple, la municipalité de Bésignan vint au premier moment faire enlever mes meubles…»

«Il m’est moralement et physiquement impossible de payer mes impositions jusqu’après avoir recueilli ma récolte dont on jette présentement les semences en l’air… Je suis obligé d’alimenter ma famille d’emprunts après avoir renvoyé tous mes domestiques…»

Le 12 octobre, le district d’Orange fut rattaché au département des Bouches du Rhône. A Bésignan, décès de Marie Justine Reine Jeanne Duclos, fille de Joseph Justine Constantin Duclos et de feu Marguerite de Blosset.

Le 14 octobre, Jean LAURENS, de Chardon en Dauphiné, fut nommé maître d’école à Sainte Jalle pour six mois à raison de 12 livres par mois.

Le 13 décembre, réunion pour la nomination d’un juge de paix au canton de Sainte Jalle. Acarie, curé de Curnier, portera plainte le 21 juillet 1791, contre Jean Teste de Curnier et Jean André Teste, son fils, de Sainte Jalle. Il considèrait avoir été insulté et injurié dans l’assemblée primaire des citoyens actifs du canton de Sainte Jalle.

Au cours de l’entretien, Jean Teste, maire de Curnier, monta la voix en disant que le «curé Acarie ne peut voter, n’étant pas un citoyen actif car il n’est pas inscrit dans les registres de la garde nationale». Le curé se défendit en affirmant qu’il payait bien ses impôts, mais ne pouvait être inscrit sur la liste en tant que curé, et que son neveu devait le remplacer. Le prieur Viarca, curé de Vercoiran s’opposa à lui en tenant les registres des derniers décrets. Acarie restait calme et annonca qu’il se retirait de la salle. Après un bâillement des plus expressifs, Jean André Teste, maire de Sainte Jalle, secrétaire du canton, et fils de Jean Teste, maire de Curnier, ordonna aux quatre gardes nationales de faire sortir le curé. Ils revinrent pour se ranger à coté du maire de Sainte Jalle qui les applaudit. Joseph Marie Givaudan, 33 ans, de Sahune, président de l’assemblée des citoyens du canton, fut choqué des bourrades et coups de coude donnés par les gardes envers le curé.

La plainte restera sans suite.

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Serge Billard Baltyde