Marquis de Bésignan

Agenda du marquis en 1789

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1789 est l’année au cours de laquelle Berthollet découvre l’eau de Javel.

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Berthollet

L’hiver 1788-1789 fut d’une rigueur inouïe, la température descendit jusqu’à -22.3° à Paris, -26° à Strasbourg et -17° à Marseille. Les paysans subirent au total 86 jours de gelée dont 56 consécutifs.

Le 27 décembre 1788, une grande quantité de neige tomba dans le Vivarais, au point d’obstruer complètement les chemins et le froid fut si vif que plusieurs personnes en moururent. Le Rhône ne commença à dégeler que le 12 janvier grâce au vent du midi. Le 14 janvier, les glaces connurent une telle débâcle que l’on craignit pour la solidité de nombreux ponts. Cette débâcle se poursuivit plusieurs jours, détruisant les rives et coulant les bateaux.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française

Le Rhône gelé.

Dans la région des Baronnies Drômoises, les oliviers furent les premières victimes du froid. 5 pieds sur 6 furent gelés. Les mûriers et les vignes furent également décimés. Puis les moulins à blés s’arrêtèrent de tourner, faisant planer sur la population le spectre d’une famine.

Au même moment, la population assistait aux premiers rassemblements civiques de gardes nationales qui se formaient pour «la défense des campagnes et la cause commune» et pour «la fraternité et le secours mutuel».

Le 02 février, Grignan demanda à l’évêque la permission de

«faire gras quatre jours de la semaine, par suite de la rigueur excessive de l’hiver qui a détruit les herbages et pommes de terre pouvant servir à l’alimentation

Saint Paul, quant à elle, demanda que fut conduite l’expertise des

«dégâts causés aux blés, seigle, oliviers et figuiers par le froid excessif depuis novembre 1788 jusqu’à la fin mars 1789, par les forts vents violents de Nord qui ont emporté le terrain pulvérisé par le froid, par la fonte des neiges et des glaces qui ont inondé la plaine pendant deux mois

A cause du froid, les moulins restèrent plus d’un mois sans pouvoir fonctionner.

A Bourg Saint Andéol, la croûte de glace dura du 29 décembre 1788 au 18 janvier 1789.

Dans les registres paroissiaux de Tulette, on trouve ce qui suit :

« L’hiver est un des plus rudes qu’on ait vus depuis 1766. Il a commencé le 25 novembre 1788 et a toujours augmenté en rigueur jusqu’au 31 décembre auquel jour le thermomètre est descendu jusqu’à plus de dix degrés au dessous de la glace, c’est à dire plus bas qu’en 1740. Pour être remonté de quelques degrés, le temps est encore très mauvais et semble nous présager plus terrible encore. Au moment où j’écris, le 06 janvier 1789, nous avons, à la réquisition de Sieur François Mondan et Elzear Moréac, consuls, commencé à faire des prières publiques pour demander à Dieu le changement de temps, crainte qu’il n’arrive une famine par le manque d’eau aux moulins, et le 07, nous eûmes une neige très abondante. Dieu exauçant les prières que le peuple luy adressait avec sincérité, fit changer le temps. Le 08, un grand vent fit fondre presque toute la neige qui fut remplacée par une autre du 08 au 09, mais ce jour là, la douceur du temps commença à fondre cette nouvelle neige. »

Selon un rapport des notables, daté du mois de mars, dans le village de Verclause :

« déjà les plus pauvres ne s’y nourrissent que d’herbes champêtres et de quelques mauvais pain ou pommes de terre qu’on leur donne »

Les difficultés d’approvisionnement étaient insurmontables. Le prix du blé avait augmenté de 40% en un an dans les Baronnies.

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Dieu le Roi

C’est le moment que choisit le marquis de Bésignan, criblé de dettes, pour exiger de ses vassaux des charges féodales écrasantes :

  • 20ème partie des grains et des raisins
  • Droit de mouture pour 28ème partie de la farine
  • Droit de fournage de 20 pains
  • Une eymine de blé, une eymine d’avoine, une poule, une corvée d’homme pour piocher la vigne par feu
  • Lods au 16ème denier
  • Droit de prélation
  • Droit exclusif de chasse et de pêche: (voir notes en fin d’article)

Les fermiers du marquis de Bésignan se nommaient à cette époque :

  • Georges Reboul : domaine de la Grange Neuve.
  • Etienne Morin : grange de Buissière.
  • Antoine Deydier : moulin à blé qui produit dans les bonnes années :

6 eymines de blé

6 eymines d’épeautre

13 eymines d’avoine

9 eymines d’orge

11 quintaux de pomme de terre

Tout porte à croire que ce fut à la même époque que le Marquis de Bésignan se plaignit et fit appel aux bienfaits de Sa Majesté.

Le Marquis se disait nanti de biens d’une valeur d’environ 500.000 livres mais assurait que leurs revenus étaient presque absorbés «par l’immensité des dettes que son père lui a laissées» et dont il restait encore assez «pour lui enlever le pur nécessaire».

« Le patrimoine familial est en piteux état. Bésignan père a aliéné deux domaines, abandonné un troisième à la gestion d’un mauvais fermier qui l’a dégradé, coupé et détruit les bois, défriché les prairies, négligé de réparer les bâtiments qui tombent en ruine. Il a fallu payer près de 100.000 livres aux créanciers sans pouvoir s’acquitter envers le receveur particulier de la province qui réclamait 30 années d’arrérage et se faisait menaçant. »

Le marquis et la marquise, «encore toute jeune», avaient à charge quatre enfants, un père, des frères et des sœurs.

L’un des frères du Marquis, depuis onze ans dans l’état ecclésiastique, n’avait pas encore pu obtenir une abbaye, faute d’argent et de protection.

Un des fils du Marquis, clerc tonsuré, qui allait avoir neuf ans, n’avait encore reçu «aucun bienfait de l’Eglise», alors que de plus jeunes étaient gratifiés de bénéfices.

Le Marquis Duclos s’adressa à l’archevêque de Lyon, à Necker, fit présenter un mémoire à Sa Majesté, multipliant en vain les démarches, s’irritant d’être tenu à l’écart des largesses royales et présura ses vassaux.

En réponse, la communauté de Bésignan envoya un justificatif et se plaignit à son tour :

« Le marquis de Bésignan invoque un droit de prélation, non seulement sur les fonds qui se vendent, mais même sur ceux constitués en dot par un père à ses enfants. Il prétend se rendre maître de ces biens pour son bon plaisir. Il interdit la chasse à ses vassaux, et si quelqu’un sort avec un fusil, il le poursuit en justice pour lui faire payer des amendes considérables. Son colombier entretient une nuée de pigeons qui font des dégâts très considérables dans le moment qu’on ensemence les fonds en chanvre. Il arrive souvent qu’on est obligé d’ensemencer deux fois, de telle sorte que les habitants sont privés d’une production qui serait très avantageuse. »

Sur le problème, général, des défrichements, une réponse fut donnée peu après par le village de Bésignan :

« Les défrichements sont si mal situés sur le penchant des collines et le terrain de si mauvaise qualité qu’à peine tous les vingt ans, pourrait-on en brûlant et en cultivant le sol, y prendre deux récoltes de suite d’épeautre, après quoi on ne remellerait pas la semence. »

marquis: crise_economique_1788_1789

Crise économique de l’hiver 1788-1789

Le 26 mars marqua le début des émeutes en Provence. Les manifestants s’attaquèrent aux greniers et les pillèrent. Ils recherchaient surtout les granges et les greniers des couvents. A Aups, M. de Montferrat fut tué. Partout les émeutiers déclarèrent qu’ils ne paieraient pas les dîmes.

Le premier avril, Joseph Dominique Achille de Coriolis, baron de Limaye, seigneur de Sainte Jalle et de La Bastide de Jourdan, héritier du dit lieu, mourut à 15 ans à Sainte Jalle, peut-être d’une chute de cheval. Dans les actes, nous notons que Jean Baptiste Barjavel était notaire royal dans ce village.

Le même jour, naissance au Poët Sigillat de « Antoine Arnaud, fils de Catherine qui s’est dite de Montmorin, dans le diocèse de Gap, mandiante, étant acouchée sur le terroir du Poët Sigillat, dans le domaine d’Antoine Axar. Brachet, prieur curé. »

Le 07 avril, vit les premières émeutes à Buis les Baronnies. Le District prit la décision d’envoyer 150 hommes du bataillon des Chasseurs du Dauphiné qui arrivèrent au Buis le 15 avril et furent placés sous le commandement d’Henri d’Albert, de St Auban.

Le 17 avril, à Agde, les habitants enlevèrent de force les grains dans les campagnes.

Le 23 avril, de nouvelles émeutes éclatèrent à Buis les Baronnies, entraînant le maintien des troupes jusqu’après les récoltes.

Le 25 avril, création de la Société des Amis de la Révolution de Valence.

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Championnet

Jean Etienne Championnet, né à Valence le 14 avril 1762, 27 ans, y adhéra le 14 mai 1790 et en devint secrétaire. Il sera remplacé à ce poste par un certain Napoléon Bonaparte, lieutenant d’artillerie, jusqu’alors bibliothécaire.

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Napoleon Bonaparte

Le premier mai, les municipalités des Baronnies durent faire face à de nombreux travaux. En effet, le gel et à la neige avaient fait écrouler de nombreux pans de mur et abîmé les chemins. Cela éclaire la manière dont étaient répartie l’imposition des travaux publics qui remplaçaient l’ancienne corvée ; « Elle épargne les négociants, les propriétaires et les capitalistes pour ne frapper que l’agriculteur et la classe indigente des laboureurs.. »

Ce même jour, naissait à Arpavon, Joseph Eymenard, fils d’Antoine et de Catherine Tibaud. Plus tard il sera engagé comme fusilier dans le 3ème bataillon de la 7ème compagnie du 45ème régiment de ligne. Le 02 février 1809, à l’âge de 19 ans, il sera blessé et hospitalisé à Vitoria, dans le Nord de l’Espagne, pour mourir de fièvres le 2 mars de la même année.

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45ème régiment

Le 20 juin, le jeune marquis de Bésignan répudia la donation que son père lui avait faite. Les biens retournèrent donc en totalité à son père.

Le 29 juin, mourut au Poët Sigillat « Louise Bonnet, épouse de Jean Jacques Barjavel, âgée environ de 60 ans, accompagnée à la sépulture de la congrérie des pénitents blancs dont les principaux officiers ont signé avec nous. » (Ravoux, Deydier)

En ce mois de juillet, la récolte en grains dans la vallée de l’Ennuyée fut magnifique.

Le 12 juillet, on entendit les premiers commentaires des évènements de l’assemblée de Versailles. Les lettres des témoins de Versailles et de la Bastille arrivèrent le 18 juillet 1789. Les nouvelles parisiennes seront connues officiellement dans les villages vers le dimanche 26 juillet 1789.

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Prise de la Bastille

Le 18 juillet, la prise de la Bastille est connue à Valence par une lettre du député Béranger adressée au maire de Valence, Jean Claude Desjacques.

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Dieu, le Roi

Le 19 juillet, une réunion s’est déroulée dans l’ancienne église de Bésignan. Le marquis Pierre Duclos accordait toute liberté aux habitants du village :

« Unissons-nous de cœur, sinon de fait à nos représentants de l’Assemblée Nationale. Adhérons à tous leurs sages arrêtés et prouvons leur que l’honneur est aussi cher aux plus petites campagnes qu’aux grandes cités. Mais dans le moment où je vous invite à secouer vos chaînes et que mon cri est « La Liberté », je ne saurais résister à mon particulier à la douce impulsion que je viens de vous démontrer et pour conserver à jamais le retour aux vrais principes et à la régénération, je déclare donc que je vous délie de tout ce qui a l’ombrage de servitudes, de tous ces services personnels qui sont faits pour avilir l’âme. Je ne veux prétendre désormais qu’au seul hommage de votre cœur. Croyez, mes amis, que je soupire sincèrement après cette époque et que le plus beau jour de ma vie sera celui où j’aurai quelque droit à votre reconnaissance. »

Cette reconnaissance tant espérée, le marquis ne l’obtiendra jamais. Au contraire, tout ce qu’il aura bâti ou tenté de sauver lui sera enlevé.

Le 22 juillet : Crue de la Drôme avec dégâts sur les digues en construction à Crest.

Le 26 juillet, les échevins de St Paul donnèrent un avis pour précautions contre « l’arrivée de brigands armés ». Cette date marqua dans les Baronnies le début d’une période de peur qui succédait à l’euphorie ambiante. Le bruit courrait qu’un tas de brigands, sortis par la noblesse des prisons de Savoie, circulait d’un village à l’autre en y mettant le feu. La rumeur parvint à Nyons, Curnier et Buis le 29 au matin.

En cette fin de mois, le régiment du Soissonais était en garnison à Nyons.

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Sergent recruteur du régiment du Soissonnais: tableau de Louis Nicolas van BLARENBERGHE 1716-1794

Le 27 juillet, l’alarme générale fut donnée à Valence : « 4000 brigands se seraient répandus en Dauphiné. 800 hommes sont sortis de Valence, 400 ont été dirigés vers Romans et Chabeuil »

Le 28 juillet, l’arrivée du Comte d’Artois, frère de Louis XVI, est signalée à Die, à la tête d’une troupe de 20.000 piémontais. En réaction les paysans attaquèrent le château de Bellegarde, en pleine période de moisson.

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Le Comte d’Artois

Le 29 juillet, les consuls de Taulignan firent parvenir une lettre express à Grignan pour : « une troupe de 6000 à 7000 hommes déguisés sur le point de pénétrer plus avant… »

Le 02 août, l’assemblée de la ville de Buis considérant que « les évènements qui viennent de se succéder dans le royaume ayant fait craindre une dangereuse anarchie », décida de former une milice bourgeoise. Ces milices se déchaînèrent sur les représentants nobles de leur commune. Le comte de Condorcet fut retenu en otage et fouillé.

Vers la même date, le château de La Bâtie Verdun, fut «visité» par la population qui le livra au saccage.

A Lachau : « Le conseil général a été assemblé à cris publics aux formes ordinaires de l’hôtel de ville dudit lieu, à la requête du sieur Claude Bernard premier consul et sieur Michel Rémusat second consul…A été proposé par le sieur Rémusat qu’il est instant et pressant ensuite des ordres de la commission intermédiaire, de lever une troupe d’hommes mariés ou non mariés pour veiller à la sûreté publique et nous mettre en garde contre les brigands qui infestent et dévastent la province… »

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Vote pour l’abolition des privilèges

Le 04 août, sous la pression des troubles paysans, l’Assemblée nationale votait un acte législatif proclamant l’abolition des privilèges et d’une partie des droits féodaux.

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Abolition des privilèges

Le 09 août, l’Assemblée nationale levait un premier emprunt de 30 millions de livres.

Le comte d’Artois se réfugie à Turin chez le roi de Sardaigne, son beau-père.

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Victor Amédée III roi de Sardaigne

Ce même 09 août, les citoyens de Buis se réunirent dans le réfectoire des Dominicains pour établir une milice. Leydier était alors échevin.

On formula le règlement de la milice. Elle serait composée de 217 hommes et 4 tambours, commandés par un colonel.

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Dieu, le Roi

A la même date, Duclos était aussi co-seigneur du Poët Sigillat. Les habitants de ce village, soumis aux mêmes exigences que ceux de Bésignan, les supportaient de plus en plus mal.

« Le 09 août 1789, le premier consul a proposé d’après les cris et réclamations de toute ladite assemblée (63 présents) que m’ont fait depuis longtemps et encore plus fort aujourd’hui, ont de refuser tous les droits seigneuriaux sauf ceux qui peuvent être en bon droit et titres provenus d’une première naissance et nous étant parvenus par nos ancêtres quand cy crier les plus grandes violences pour pouvoir saqueri les reconnaissances qu’ont pouvait produire. L’assemblée donne pouvoir aux Sieurs consuls de faire signifier la présente délibération audit seigneur ou à ses fermiers ou autres représentants. »

Le 12 et le 13 août, la grêle s’abattit sur Chatillon.

Le 23 août, les archives communales déplorent le décès d’un fils de Duclos âgé de 9 ans, probablement Pierre Constantin Hercule, ondoyé au Buis.

Le 24 août, le bataillon des Chasseurs du Dauphiné quitta le Buis mais il fut remplacé par deux compagnies du régiment du Soissonais.

Pendant ce mois d’août, on assista à de nombreux orages entraînant des inondations et des ravinements multiples.

Le 27 septembre, alors que les habitants du Poët Sigillat étaient réunis au village, le marquis Duclos s’y rendit. Une émeute éclata. Duclos fut menacé. On lui montra la corde pour le pendre et il fut contraint d’écrire sous la dictée qu’il

« se départ à la faveur des habitants et communauté dudit lieu du Poët Sigillat de tous les droits que j’y drois deseguiges (sic) et recevoir desdits habitants dudit lieu en qualité d’acarrateur (sic) de Monsieur de Lespine moyennant le pris et la somme de 18850 livres laquelle dite somme je déclare avoir reçue des habitants dudit lieu en bonnes espèces donc je m’en suis contenté. »

Or, ils ne lui donnèrent rien. Bésignan tenta en vain d’en appeler à la justice, puis à la commission intermédiaire des Etats du Dauphiné séant à Romans.

Le lendemain, 28 septembre, le conseil général de Buis les Baronnies ,

« considérant que les exécutions violentes et à main armée que le Sieur de Bésignan médite, si elle avait lieu, la paix et la concorde qui règne dans tout le canton et que les circonstances actuelles ne permettent pas d’ébranler arrête, que MM. Les administrateurs du Département sont priés de ramener s’ils le peuvent le Sieur Duclos de Bésignan aux voies de pacification et d’arrangement amiables ».

Le 25 octobre, M de Montfort était à Paris. Romieu fut élu député suppléant de Buis pour assister aux Etats de la Province à Romans. Il partit immédiatement mais entre-temps la réunion fut annulée. Un messager parvint à prévenir Romieu dans Curnier, en pleine nuit.

Le 12 novembre, à Sainte Jalle, la population assistait au mariage de Henri Joseph Villelongue, fils de Joseph, chirurgien et de Catherine Leydier avec Suzanne Marguerite Jaquet de Genève, fille de feu Pierre et de Henriette de Cocquet de Genève. Le contrat fut signé chez maître Duby de Genève.

A partir du mois d’octobre, l’émigration française s’accélère. De plus en plus de nobles se réfugient à Neufchâtel, dans la résidence de Fauche-Borel, père et fils. http://www.1789-1815.com/fauche-borel.htm

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Hotel Fauche Borel à Neuchatel: tableau de Gabriel Lory 1817

En novembre, le Rhône subit une crue exceptionnelle.

Le 29 novembre, la fédération qui se déroulait dans la plaine d’Etoile fut la première pierre de l’idée d’une fédération de l’ensemble des gardes nationales.

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Garde civil

A la même date, Le Buis dut défendre sa position comme entité administrative et judiciaire. La Drôme fut divisée en 6 districts : Romans, Valence, Crest, Die, Montélimar et Buis.

Le premier décembre, les marins de Toulon se mutinaient, après le renvoi de deux maîtres d’équipage.

Le 5 décembre, des pauvres pillèrent le bois de Boulogne pour se chauffer. En réaction, l’Assemblée décida de placer les forêts, bois et arbres sous la sauvegarde de la nation.

Le 13 décembre, le peuple assistait au premier rassemblement civique avec la fédération de Montélimar.

Le 16 décembre 1789, à Bellecombe, le curé Vautour, très âgé, signa sa dernière déclaration de naissance. Par la suite, il fut assisté en permanence par ses confrères : Brachet prieur curé du Poët, Rousset de Sainte Jalle, Lannin de Saint Sauveur, Estralat, Denove puis Sibend du Poët Sigillat.

Le14 décembre, le Rhône subit une nouvelle crue exceptionnelle.

Le 20 décembre, le peuple vint participer aux fédérations de Crest puis de St Paul.

( NDRL :

Les charges seigneuriales se décomposent en :

– Les redevances annuelles :

· rentes foncières ou censes réelles qui sont de 2 à 15% en nature des droits sur les terrains tenus par des tenanciers.

· Le vingtain ou dîme du seigneur qui est un prélèvement de 20% sur les récoltes. Il correspond à environ 25% des redevances.

· Les censes personnelles, sur tous les habitants, couvrant 30 à 40% des redevances annuelles.

– Les corvées :

Qui se paient en jours de travail.

– La banalité :

C’est une charge sur les grains ou sur le pain du four banal ou encore un droit de fournage, dans lequel l’autorisation de cuire le pain chez soi a été concédé à la communauté. La taxe est due pour toute personne âgée de plus de sept ans. Cette banalité représente environ 40 à 50% des revenus du seigneur des lieux.

– Lods et ventes :

Impôt sur les héritages ou l’achat d’une tenure (fermage). Le paiement des droits se fait en général au sixième denier (1/6 de la valeur).

– Droits divers :

Usage des bois, pâture, eaux, etc.…

F. Ferrand donne une approximation des taxes seigneuriales dans la vallée de l’Ennuyée :

Les biens des privilégiés sont de 12% à Sainte Jalle, de 18% dans les Baronnies et de 46% à Bésignan.

Les biens ecclésiastiques représentent 0,18% de la superficie de la vallée soit moins de 6 hectares au total.)

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Serge Billard Baltyde