Archives de Catégorie : Botrel

Théodore Botrel; Sa vie, ses chansons, les cartes postales

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Mon Penn-Bas

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Serge Billard Baltyde

« … Il me vient de mon grand’ père,

Ce fameux Pen-bas,

Il cassa, naguère,

Ce fameux Pen-bas

Des têtes républicaines

En Vendée,

Mon Pen-bas !

Lorsqu’ autour de ma Fanchette,

Malgré mon Pen-bas,

Un galant rôde en cachette,

Je prends mon Pen-bas

Et chez lui je le ramène

Lestement…

Quand je mourrai, dans ma bière

Mettez mon Pen-bas;

Car, là haut, Saint Pierre,

Voyant mon Pen-bas,

M’ouvrira grand son Domaine

Sans grogner…

… Il me vient de mon grand’ père,

Ce fameux Pen-bas,

Il cassa, naguère,

Ce fameux Pen-bas

Des têtes républicaines

En Vendée,

Mon Pen-bas ! »

 

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Serge Billard Baltyde

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Les Petits Sabots

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Serge Billard Baltyde

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Les petits sabots des petits Bretons,

Petites Bretonnes,

Chantent des chansons en différents tons

Jamais monotones :

Toc, Toc

Petits sabots, chantez, chantez

Toc, Toc

Comme des sabots enchantés !

Toc, Toc, Toc, Toc,

Oh ! oh ! oh ! oh !

Chantez, petits sabots !

Les petits sabots des petits Bretons

S’en vont à l’École ;

Ils dansent en rond, les jours de Pardons

Une ronde folle :

Toc, toc,

Petit sabots, dansez, dansez

Toc, toc.

Au rythme des chants cadencés

Toc, toc, toc, toc,

Oh ! oh ! oh ! oh !

Dansez, petits sabots !

Les petits sabots des petits Bretons

Une fois l’année

S’alignent en rang, devant les tisons,

Dans la cheminée :

Toc, toc,

Petit sabots, jamais déçus,

Toc, toc

« Espérez » le petit Jésus !

Toc, toc, toc. toc.

Oh ! oh ! oh ! oh !

Noël ! petits sabots !

Chers petits sabots des petits Bretons

Trop tôt l’on vous quitte :

Des petits Bretons les petits petons

Grandissent trop vite !

Toc, toc,

Petits sabots des bien-aimés,

Toc, toc,

Dans les greniers dormez, dormez !

Toc, toc, toc, toc,

Dodo ! dodo !

Dormez petit sabots !

 

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Les Deux Gabiers

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Serge Billard Baltyde

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Il était un gabier de Misaine,

Il était un gabier d’Artimon ;

L’un, né natif de Paris sur Seine ;

L’autre, natif du pays Breton.

Refrain :

Cric ! Crac !!!

Tiens bon, gabier de Misaine !

Tiens bon ! Gabier d’Artimon !

Ils sont parmon !

Ils sont partis sur la « Melpomène » ;

Voulant gagner un autre galon,

Sont allés voir la Côte africaine,

Sont allés voir les « noirs » du Gabon…

Mais, à Dakar mis en quarantaine,

Gâs de Misaine et gâs d’Artimon,

Sans en rien dire à leur Capitaine,

Se sont glissés hors de l’entrepont !

Et les voilà chantant à voix pleine,

En sirotant du « raide et du bon »

A la santé des gâs de Misaine

A la santé des gâs d’Artimon !

Mais dix Anglais à mine hautaine,

Mais dix marins du pays Saxon,

A cinq contre un, eurent le sans-gêne

De leur crier de baisser le ton !

Et l’on mit bas les tricots de laine,

Et l’on boxa les gâs de London

A coups de poings de par la bedaine,

A coups de pieds de par le bedon !

Chaque gabier, hardi ! se démène,

Tournant, cognant comme un vrai démon,

Si bien qu’enfin les gens de la Reine

Furent forcés de crier : « Pardon ! »

Et l’on rentra sur la « Melpomène »,

Et l’on conta l’histoire au Second :

On mit aux fers le gâs de Misaine,

On mit aux fers le gâs d’Artimon !

Huit jours après, leur veston de laine

Etait orné d’un double galon :

Voilà comment, sur la « Melpomène »,

On se battait pour son Pavillon ! ! !

Et si jamais l’Angliche s’amène

Hardi ! les gâs ! Hardi ! Y a du bon !

Le même Cri de mortelle Haine

S’élèvera de Brest à Toulon :

 

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Zola au Panthéon (1909)

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Serge Billard Baltyde

Zola dans un livre cynique

Nous montre un être malfaisant

Paricide lâche et sadique

Et nous dit « C’est le paysan » !

Non non, bon paysan

Non, laboureur, tu n’es pas là

Dans l’œuvre de monsieur Zola

Qui méconnaît ta trempe austère

Non non, la brute de la terre,

Crois moi,

Bon paysan ce n’est pas toi !

Zola dans des pages lubriques

Nous montre un tas de dévoyés

De débauchés et d’alcooliques

Et dit « Voilà les ouvriers »

Non non, brave ouvrier

Non travailleur, tu n’es pas là

Dans l’œuvre de Monsieur Zola

Nana, l’Assomoir ou Pot-Bouille

Non non, Coupeau le triste arsouille

Crois moi

Brave ouvrier ce n’est pas toi !

Zola dans un bouquin énorme

Au monde voyeur présenta

Un pantin brutal et difforme

En disant « Voici le soldat » !

Non non brave soldat

Non, fier vaincu, tu n’es pas là

Puisque le héros de Zola

Devant tous les devoirs, renâcle

Non non le fuyard de la débâcle,

Crois moi

Brave soldat, ce n’est pas toi !

Zola pour nous servir d’exemple

Servir d’exemple à nos enfants

Va reposer dans le Saint Temple

Où sont nos aïeux triomphants

Debout ! Victor Hugo !

Debout ! Lannes ! Debout ! Marceau !

La tour d’Auvergne, Et les Carnot

Allez dormir aux Invalides,

Et laissez dans vos tombes vides

Zola entre ? et Nana !

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Yann La Gouttte

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Quand Yann-la-goutte s’éveille

Il s’assoit dans son lit-clos

Puis en lorgnant sa bouteille

S’met à hurler comme un veau.

Refrain:

« C’est la goutt’, la goutt’, la goutt’

C’est la goutt’ qu’il me faut

en chœur :

C’est la goutt’, la sal’ goutte

C’est la goutt’ qu’il lui faut !

Quand Yann-la-goutte en prière

Veut s’adresser au Très Haut

Sa pensée est toute entière

Pour Bacchus sur son tonneau.

Quand Yann-la-goutte travaille

Il est fatigué bientôt.

Mes amis lorsque je baille

Passez moi le tord-boyaux.

Quand Yann-la-goutte a de la goutte

A boire à tir’-larigot

Il en boit tant que ça dégoûte

L’moins dégoûté des poivrots.

Quand Yann va porter son vote

Aux grands jours électoraux

Il se flanque un’ tell’ ribote

Qu’il en reste un mois sur l’dos.

Yann-la-goutte a une bonne âme

Il soign’ bien ses animaux

Mais il caresse sa femme

Et ses gâs à coup d’sabots.

Quand Yann sera mort bien vite

mettons le dans le tombeau

Sans lui jeter d’eau bénite

Vous savez qu’il n’aime pas l’eau.

Puisque Yann vient de descendre

Chez les grands diables cornus

Amis jurons sur sa cendre

Que nous ne nous soûl’rons plus !

Dernier refrain

Non la goutte, la sal’ goutte

Jamais nous n’en boirons plus !

 

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Par le Petit Doigt

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(I)

Jean Pierre

Quand tu revenais de classe

Tout le long du grand chemin

Dès que je te voyais lasse

Vers toi je tendais la main

Et je te ramenais chez toi

En te tenant

Bien gentiment

(ensemble:)

Par le petit doigt

Lonla lonlaire

Par le petit doigt

Lonla

Par le petit doigt

Lonla

(II)

Yvonne

Lorsque venait le dimanche

Tu mettais ton gilet bleu

Je mettais ma coiffe blanche

Et nous allions prier Dieu

Eu vieux bourg de Saint-Jean-Du-Doigt

En nous tenant

Modestement

(ensemble:)

Par le petit doigt

Lonla lonlaire

Par le petit doigt

Lonla

Par le petit doigt

Lonla 

 

(III)

Jean Pierre

Puis aux bons soirs d’assemblée

Après la moisson d’Août

Nous dansions la Dérobée

Au son du gai biniou

Et tu ne dansais qu’avec moi

En me tenant

Bien gentiment

(IV)

Yvonne

Mais un vilain soir d’automne

Mon Pierric part pour Toulon

Disant « Adieu mon Yvonne

Quatre ans marins, c’est bien long »

Moi j’avais l’âme en désarroi

Te retenant

Bien tristement 

 

(V)

Jean Pierre

Quatre ans passent, qui qu’on en dise

Tant et si bien qu’un beau jour

Nous sortîmes de l’église

Tous les deux unis d’amour

Le cœur empli d’un doux émoi

En nous tenant

Bien fièrement

(IV)

Yvonne

Et nous voici père et mère

D’un mignon petit enfant

Qui se traîne encore par terre

Quoiqu’il ait bientôt un an

Il ne marche sans trop d’effroi

Qu’ne nous tenant

Bien fortement

 

(VII)

Jean Pierre

Il serait doux il me semble

Quand nous serons vieux très vieux

De fermer tous deux ensemble

pour toujours nos pauvres yeux

Dans notre vieux lit-clos étroit

En nous tenant

Bien doucement

(VIII)

Yvonne

Et nous diront à Saint-Pierre

« Ouvre nous vite les cieux !

Mais il faut prendre la paire

Ou nous refuser tous deux

Car nous voulons entre chez Toi

En nous tenant

Bien gentiment

(ensemble:)

Par le petit doigt

Monsieur Saint-Pierre

Par le petit doigt

Lonla

Par le petit doigt

Lonla

 

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Monsieur de Kergariou

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Il s’appelait Kergariou

Et s’en venait on ne sait d’où

Probablement du Finistère

Bien qu’il eut d’illustres aïeux

Il était pauvre comme un gueux

Et n’en faisait aucun mystère

Portait l’habit des anciens jours

Et mettait le même toujours.

Hiver, été, printemps, automne

Vint à Paris en bragou-braz

Appuyé sur un grand pen baz

À la bretonne.

Dès en arrivant à la Cour

Il eut deux duels chaque jour

Le matin et l’après soupée

Pour prouver aux gens de bon ton

Que, s’il jouait bien du bâton,

Il tirait encore mieux l’épée

Il n’avait que des ennemis

Au vingtième, il eut pour amis

Tous les grands de la Capitale

Devint alors un élégant

À bible, jabot, catogan

À la royale.

Un beau jour enfin, par surcroît

Entra dans les houzards du roi

Dont il fut bientôt capitaine

Devint la terreur des époux

Eut deux, trois, quatre rendez-vous

Et puis les compta par douzaines

De tout cœur il fut triomphant

Du farouche qui se défend

Et du craintif qui se hasarde

Hop là, tous ne faisaient qu’un saut

Il vous les emportait d’assaut

À la houzarde.

Chantez trompettes et tambours

Adieu Paris et les amours

Kergariou part à la guerre

Il s’y bat gaiement sans souci

La mort est une femme aussi

Kergariou ne la craint guère

Or, au matin de Fontenoy

Nous ayant crié « Suivez-moi ! »

Il bondit sur la troupe anglaise

Reçut trois balles dans la peau

Et mourut devant son drapeau

À la Française

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Ma P’tite Mimi

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Serge Billard Baltyde

 

À la guerre

On n’peut guère

Trouver où placer son cœur

Et j’avais du vague à l’âme

À vivre ainsi sans p’tite femme

Quand l’aut’ s’maine

J’eus la veine

D’être nommé mitrailleur

Ma mitrailleuse, ô bonheur

Devint pour moi, l’âme soeur

{Refrain:}

Quand elle chante à sa manière

Taratata, taratata, taratatère

Ah que son refrain m’enchante

C’est comme un z’oiseau qui chante

Je l’appelle ma Glorieuse

Ma p’tite Mimi, ma p’tite Mimi, ma mitrailleuse

Rosalie me fait les doux yeux

Mais c’est elle que j’aime le mieux

Plein d’adresse

Je la graisse

Je l’astique et la polis

De sa culasse jolie

À sa p’tite gueu-gueule chérie

Puis habile

J’la défile

Et tendrement je luis dis

« Jusqu’au bout, restons unis

Pour le salut du pays »

{au Refrain}

Quand les Boches

Nous approchent

Nous commençons le concert

Après un bon démarrage

Nous précipitons le fauchage

Comme des mouches

Je vous couche

Tous les soldats du Kaiser

Le nez dans nos fils de fer

Ou les quatre fers en l’air

{au Refrain}

Mais tout passe

Et tout lasse

Même la guerre et l’un d’ces jours

Ou bien l’une de ces années

Elle sera terminée

Alors vite l’on se quitte

Glorieuse ô mes amours

Nous devrons à notre tour

Nous séparer pour toujours.

Après une salve dernière

Taratata, taratata, taratatère

En te voyant rendormie

Je te dirai « Chère amie

Fais dodo ma Glorieuse

Ma p’tite Mimi, ma p’tite Mimi, ma mitrailleuse

Et tes pleurs mouilleront mes yeux

En te faisant mes adieux »

 

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Lilas Blancs

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Elle naquit par un dimanche

Du plus joli des mois de mai

Quand le printemps à chaque branche

Suspend un bouquet parfumé

Et l’admirant toute petite

Si blanche en son berceau tremblant

Sa mère l’appela de suite

Lilas blancs

Mon petit brin de lilas blancs.

Elle poussa douce fleurette

Dans le fond d’un pauvre faubourg

Et dans une triste chambrette

Sans soleil et presque sans jour

En la voyant toujours palotte

Avec son sourire dolant

Chacun surnommait la petiote

Lilas blancs

Petit bouquet de lilas blancs

Et puis ce fut l’apprentissage

Au cours duquel un beau garçon

Remarqué souvent au passage

Lui fit la cour une saison

Un soir enfin lui dit je t’aime

Ajoutant plus d’un mot troublant

L’appelant ma mignonne et même

Lilas blancs

Mon brin joli de lilas blanc

Mais hélas de l’infortunée

Le roman fut bientôt fini

Car elle fut abandonnée

Par son lâche et volage ami

cCacha si bien sa peine affreuse

Tout au fond de son coeur sanglant

Qu’elle en mourut la malheureuse

Lilas blancs

A l’heure ou meurt le lilas blanc

Mais le printemps fit un prodige

Pour l’enfant qui mourut d’amour

sur sa tombe on vit une tige

De lilas fleurir en un jour

Et son tombeau perdu sous l’herbe

Est depuis lors une fois l’an

Tout enbaumé par un superbe

Lilas blanc

Monté du coeur de Lilas blancs.

 

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L’Horloge de Grand-Mère

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C’est une horloge en châtaignier

Au long coffre à la mode antique

Que dut longuement travailler

Quelque Michel-Ange rustique.

Au bas, le sonneur de biniou

Fait face au sonneur de bombarde,

Durant qu’au fronton, un hibou

De ses grands yeux ronds vous regarde.

Oh ! combien cela me charmait,

Quand j’étais tout petit, de suivre

La mort des heures que rythmait

L’énorme balancier de cuivre.

Car vraiment, lorsque près d’un seuil,

On contemple une horloge close,

Elle a tout l’air d’un long cercueil

Où le temps, qui n’est plus, repose.

La première heure que chanta

L’horloge de sa voix profonde

Fut celle où grand’maman jeta

Son premier cri dans ce bas-monde.

Et ce fut ce Dong ! éclatant

De demi-heure en demi-heure

Qui régla dès lors chaque instant

De ta vie, ô Toi que je pleure !

Dong ! Dong ! elle sonnait ainsi

Et l’heure grave et l’heure folle,

L’heure des jeux et l’heure aussi

Où partait l’enfant pour l’école.

Dong ! Dong ! le moment du réveil

Puis l’heure où l’on se met à table

Dong ! Dong ! le moment du sommeil

Quand passe le jeteur de sable.

Dong ! Dong ! l’heure où pour le Saint Lieu

On part en bande, le dimanche

L’heure où, pour recevoir son Dieu,

Plus tard, on met sa robe blanche.

Dong ! Dong ! la prime-aube du jour

Où l’on va travailler la terre,

Et puis l’heure où gémit d’amour

Le cœur, las d’être solitaire !

Dong ! Dong ! les instants si joyeux

Où les petits gars apparaissent

L’heure digne où s’en vont les vieux

Pour faire place à ceux qui naissent.

Et la femme en âge avançait,

Devenait maman, puis grand’mère

Et l’horloge aussi vieillissait

À tant sonner l’heure éphémère.

Et grand’maman allait, venait

Chaque jour de plus en plus frêle

Et l’horloge sonnait, sonnait

D’une voix de plus en plus grêle.

Quand de grand’maman la raison

Sembla pour toujours endormie,

L’horloge à travers la maison

Sonna l’heure pour la demie.

Et grand’maman, dans son lit-clos,

Agonisa puis se tint coite

Et ce furent de longs sanglots

Que pleura l’horloge en sa boîte.

Enfin, dans le lit, un soupir

Et le grand balancier de cuivre

S’arrêta d’aller et venir

Quand grand’maman cessa de vivre.

Et grand’mère auprès des Élus

Est montée avec allégresse

Et l’horloge ne sonne plus,

Elle est morte aussi de vieillesse.

Morte à jamais ! C’est vainement

Qu’un grave horloger l’interroge,

C’était le cœur de grand’maman

Qui battait dans la vieille horloge !

 

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Serge Billard Baltyde

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