Archives de Catégorie : Albums de Vacances

Les meilleures photos de vos vacances

by

Quelques Photographies

No comments yet

Catégories: Albums de Vacances, Tags: , , , , , , , , ,

 

 

RETOUR

 

Pas de famille sans photos de famille.

Dès 1839, date officielle de son invention, la photographie se focalise sur le portrait de famille, la grande demande des contemporains. Chacun veut le sien. Et, très vite, celui-ci trouve sa place à demeure, sur le guéridon de l’entrée, comme si le meuble n’avait été pensé qu’à cet usage. Personne n’échappe à son emprise. Victor Hugo, Emile Zola, Pierre Bonnard… les grands esprits de l’époque s’équipent de chambres à plaque de verre, photographient ce qui leur est cher, à commencer par leur famille. Et laissent, comme l’auteur du J’accuse avec les portraits de sa fille adultérine Denise, les témoignages évidents d’une affection qu’aucun mot n’aurait réussi à rendre aussi poignante.

La famille change, se décompose, devient monoparentale ? La photo, elle, s’adapte. On la pensait pantouflarde, casanière, pudique, promise à l’album planqué dans un tiroir ? Elle n’attendait que l’occasion de claquer la porte du domicile. Avec le numérique, elle circule sur Face book, Flickr, par MMS ou mails, s’expose sans complexe dans les blogs. Près de la moitié des images sur le Net sont des photos de famille. Son pouvoir d’attraction transcende les cultures. Après le tsunami au Japon, des brigades ont organisé de véritables opérations de sauvetage en collectant l’été dernier, à Ishinomaki, les photos éparpillées par la catastrophe. Une fois nettoyées et séchées sur des fils à linge, elles ont été remises aux rescapés qui, par centaines, venaient les reconnaître dans une salle municipale.

Bien avant, à l’orée du XXe siècle, les immigrants européens qui débarquaient par vagues misérables à New York, tout comme les poilus des tranchées de la Première Guerre mondiale, les emportaient en talismans. Pas seulement pour se protéger de l’inconnu, ou de la mort. Mais de ce qu’il y a de pire : l’anonymat. On se rappelle une image bouleversante de la Seconde Guerre mondiale. Elle montre des portraits échappés d’un portefeuille aux côtés d’un cadavre de soldat allemand. Ces petits clichés aux bords crénelés rendent la scène insupportable, inadmissible, indigne.

Oui, indigne. Car c’est bien ce qu’a apporté avant tout la photo de famille. De la dignité. Grâce à elle, les gens ordinaires ont droit d’accéder au privilège des dieux, des princes et des aristocrates. Les Rembrandt, Vermeer, Velázquez ont été supplantés par un portraitiste sans prétention, dont le nom se confond immédiatement avec son slogan : « Clic clac, merci Kodak ». De 1888 – un boîtier en bois, fermé, que l’usine retourne rechargé avec les cent clichés développés – à l’Instamatic de 1963, la firme de l’industriel américain George Eastman a accompagné, voire devancé, cet insatiable désir de représentation. En 1900, son génial Brownie Kodak permet « aux enfants de 10 ans de montrer à leurs familles attendries des images qu’on déclare supérieures aux œuvres les plus habiles », témoigne alors un chroniqueur. Le journaliste Alfred Licht­wark touche au cœur du problème lorsqu’il constate en 1907 qu’il « n’existe à notre époque aucune œuvre d’art que l’on considère aussi attentivement que son propre portrait photographique, ceux de ses parents, de ses amis ou de l’être aimé ».

Aucune autre image n’aura jamais ce pouvoir de fascination hypnotique. On en a tous fait l’expérience en se plongeant dans nos albums. Tel Narcisse, on se penche d’abord sur nos propres reflets. On s’ausculte. Tout compte fait on se trouve beau, alors qu’adolescent on se détestait. Un album ne garde que les bonnes photos. C’est son rôle. Après, c’est au tour des autres membres de la tribu : un frère coiffé d’un bob, en maillot de bain sur la plage. On avait oublié qu’il avait alors des taches de rousseur. La corvée de la visite de la cathédrale de Quimper, en vacances, un jour de pluie, se revoit autrement. L’album transforme les mauvais souvenirs en bons. Il ne supporte ni le chagrin ni la douleur, pas plus que la tristesse ou le conflit. Il est plutôt conformiste, sans être entêté dans ses principes. Ses conventions changent quand il faut.

Ainsi, à ses débuts, la photo de famille était très posée. Figée en fait. Le modèle était appareillé avec des prothèses métalliques pour l’empêcher de bouger. Les lentes émulsions chimiques n’offraient pas d’autre solution. Les progrès techniques permettent de sortir du studio des professionnels mais la pose, elle, est restée. Plus naturelle, mais toujours solennelle. Comme la famille, qui ne se concevait pas en dehors des rites laïques et religieux – le baptême, la première communion, le mariage. Même en vacances, on posait devant un château, un monument, la tour Eiffel, un paysage italien, une ferme. Suivant ses goûts, ses moyens, sa vision des choses, sa classe sociale. On inscrivait un corps docile dans une histoire collective.

Dans les années 1960-1970, le mariage n’est plus un passage obligé. Mai 68 oblige le maître à descendre de son estrade. Les rituels religieux disparaissent. La photo de famille suit le mouvement, elle se métamorphose en restant fidèle à son principe de base : la représentation du bonheur. Avec la pose, c’était facile. Il suffisait de sourire. Le fameux « cheeeese » accompagnait la cérémonie. Désormais, le bonheur ne s’affiche plus au garde-à-vous, il se saisit dans le mouvement, l’instantané au quotidien. L’opérateur doit l’attraper au vol. Avec une petite révolution : l’apparition de l’enfant-roi. L’album démarre avec lui, par le ventre arrondi de maman et son premier portrait, l’échographie. Premier bain, première dent, premiers pas, première rentrée scolaire… Avec l’enfant, tout commence. Ce n’est plus le rejeton qui s’intègre dans une lignée, mais la lignée qui se refonde autour de lui. On le photographie dans les bras du grand-père, de la tante, de l’oncle, du frère… de tous ceux qui seront jugés indispensables pour l’ancrer dans son histoire. En grandissant, l’enfant adore se référer à son album. Car c’est désormais le sien.

Avec le numérique, le problème du partage ne se pose plus. Une image peut se répéter à l’infini. L’opérateur a d’ailleurs tendance à être débordé par la quantité des clichés. Il faut se répartir les rôles dans le couple. L’un photographie, l’autre sélectionne. Mais après la période euphorique des captures engrangées sur les CD, les disques durs et l’angoisse de les voir disparaître dans un bug, se dessine le temps de l’organisation. On transforme de plus en plus fréquemment l’image virtuelle en objets. Les sites spécialisés dans la confection non plus d’albums mais de livres de famille – les photos n’y sont plus collées mais imprimées- se multiplient sur Internet. On en a vendu deux millions en France, cette année. On commande également des autocollants à mettre sur le frigo, des calendriers, des posters sous forme de mosaïques à l’effigie bien souvent des enfants.

Ce qui frappe avec cette photo de famille, désormais élargie aux proches, aux amis, est qu’elle s’affirme comme un nouveau langage. Les ados s’adressent leurs clichés de façon compulsive sur Face book. Au moindre prétexte, les adultes improvisent avec leur Smartphone – ce que jadis on appelait une soirée diapos – une petite séance sur les vacances, ou les risettes du dernier-né. Avec les mails, de nouveaux chroniqueurs apparaissent. On envoie chaque semaine des photos du week-end, le cours d’équitation de la cadette, l’installation du cirque à côté de la maison avec les chameaux qui pâturent sur les bords de la Loire. On veut partager aussitôt l’émotion d’un moment. L’image remplace les mots. Avec elle, une nouvelle forme de communication est en train de s’inventer. Celle du moment présent, de l’instant, de l’ordre de la conversation ou du badinage. Ce qui est apparemment incompatible avec ce qu’elle fut jusque-là : une gardienne de la mémoire, se bonifiant avec les ans. Décidément, la photo de famille est toujours de son temps. (tiré de Telerama)

Famille BILLARD BALTYDE, Généalogie : Histoire de la famille, histoire en famille, arbre généalogique, archives en ligne, état civil.(Pour les anglophones : Family search, Genealogy tree, BILLARD BALTYDE Family)
Nous vous remercions de bien vouloir laisser un commentaire ci-après
Serge Billard Baltyde

by

Lituanie, Riga en Mars 2009: Serge

No comments yet

Catégories: Albums de Vacances, Tags: , , , , , , ,

Invité pour un congrès médical. Et un petit tour sur les plages !!!

 

RETOUR

by

Italie en 2003: Clovis et Serge

No comments yet

Catégories: Albums de Vacances, Tags: , , , , , , ,

On était parti pour faire du Skate….

 

RETOUR

 

Pas de famille sans photos de famille. Dès 1839, date officielle de son invention, la photographie se focalise sur le portrait, la grande demande des contemporains. Chacun veut le sien. Et, très vite, celui-ci trouve sa place à demeure, sur le guéridon de l’entrée, comme si le meuble n’avait été pensé qu’à cet usage. Personne n’échappe à son emprise. Victor Hugo, Emile Zola, Pierre Bonnard… les grands esprits de l’époque s’équipent de chambres à plaque de verre, photographient ce qui leur est cher, à commencer par leurs proches. Et laissent, comme l’auteur du J’accuse avec les portraits de sa fille adultérine Denise, les témoignages évidents d’une affection qu’aucun mot n’aurait réussi à rendre aussi poignante.

La famille change, se décompose, devient monoparentale ? La photo, elle, s’adapte. On la pensait pantouflarde, casanière, pudique, promise à l’album planqué dans un tiroir ? Elle n’attendait que l’occasion de claquer la porte du domicile. Avec le numérique, elle circule sur Face book, Flickr, par MMS ou mails, s’expose sans complexe dans les blogs. Près de la moitié des images sur le Net sont des photos de famille. Son pouvoir d’attraction transcende les cultures. Après le tsunami au Japon, des brigades ont organisé de véritables opérations de sauvetage en collectant l’été dernier, à Ishinomaki, les photos éparpillées par la catastrophe. Une fois nettoyées et séchées sur des fils à linge, elles ont été remises aux rescapés qui, par centaines, venaient les reconnaître dans une salle municipale.

Bien avant, à l’orée du XXe siècle, les immigrants européens qui débarquaient par vagues misérables à New York, tout comme les poilus des tranchées de la Première Guerre mondiale, les emportaient en talismans. Pas seulement pour se protéger de l’inconnu, ou de la mort. Mais de ce qu’il y a de pire : l’anonymat. On se rappelle une image bouleversante de la Seconde Guerre mondiale. Elle montre des portraits échappés d’un portefeuille aux côtés d’un cadavre de soldat allemand. Ces petits clichés aux bords crénelés rendent la scène insupportable, inadmissible, indigne.

Oui, indigne. Car c’est bien ce qu’a apporté avant tout la photo de famille. De la dignité. Grâce à elle, les gens ordinaires ont droit d’accéder au privilège des dieux, des princes et des aristocrates. Les Rembrandt, Vermeer, Velázquez ont été supplantés par un portraitiste sans prétention, dont le nom se confond immédiatement avec son slogan : « Clic clac, merci Kodak ». De 1888 – un boîtier en bois, fermé, que l’usine retourne rechargé avec les cent clichés développés – à l’Instamatic de 1963, la firme de l’industriel américain George Eastman a accompagné, voire devancé, cet insatiable désir de représentation. En 1900, son génial Brownie Kodak permet « aux enfants de 10 ans de montrer à leurs familles attendries des images qu’on déclare supérieures aux œuvres les plus habiles », témoigne alors un chroniqueur. Le journaliste Alfred Licht­wark touche au cœur du problème lorsqu’il constate en 1907 qu’il « n’existe à notre époque aucune œuvre d’art que l’on considère aussi attentivement que son propre portrait photographique, ceux de ses parents, de ses amis ou de l’être aimé ».

Aucune autre image n’aura jamais ce pouvoir de fascination hypnotique. On en a tous fait l’expérience en se plongeant dans nos albums. Tel Narcisse, on se penche d’abord sur nos propres reflets. On s’ausculte. Tout compte fait on se trouve beau, alors qu’adolescent on se détestait. Un album ne garde que les bonnes photos. C’est son rôle. Après, c’est au tour des autres membres de la tribu : un frère coiffé d’un bob, en maillot de bain sur la plage. On avait oublié qu’il avait alors des taches de rousseur. La corvée de la visite de la cathédrale de Quimper, en vacances, un jour de pluie, se revoit autrement. L’album transforme les mauvais souvenirs en bons. Il ne supporte ni le chagrin ni la douleur, pas plus que la tristesse ou le conflit. Il est plutôt conformiste, sans être entêté dans ses principes. Ses conventions changent quand il faut.

Ainsi, à ses débuts, la photo de famille était très posée. Figée en fait. Le modèle était appareillé avec des prothèses métalliques pour l’empêcher de bouger. Les lentes émulsions chimiques n’offraient pas d’autre solution. Les progrès techniques permettent de sortir du studio des professionnels mais la pose, elle, est restée. Plus naturelle, mais toujours solennelle. Comme la famille, qui ne se concevait pas en dehors des rites laïques et religieux – le baptême, la première communion, le mariage. Même en vacances, on posait devant un château, un monument, la tour Eiffel, un paysage italien, une ferme. Suivant ses goûts, ses moyens, sa vision des choses, sa classe sociale. On inscrivait un corps docile dans une histoire collective.

Dans les années 1960-1970, le mariage n’est plus un passage obligé. Mai 68 oblige le maître à descendre de son estrade. Les rituels religieux disparaissent. La photo de famille suit le mouvement, elle se métamorphose en restant fidèle à son principe de base : la représentation du bonheur. Avec la pose, c’était facile. Il suffisait de sourire. Le fameux « cheeeese » accompagnait la cérémonie. Désormais, le bonheur ne s’affiche plus au garde-à-vous, il se saisit dans le mouvement, l’instantané au quotidien. L’opérateur doit l’attraper au vol. Avec une petite révolution : l’apparition de l’enfant-roi. L’album démarre avec lui, par le ventre arrondi de maman et son premier portrait, l’échographie. Premier bain, première dent, premiers pas, première rentrée scolaire… Avec l’enfant, tout commence. Ce n’est plus le rejeton qui s’intègre dans une lignée, mais la lignée qui se refonde autour de lui. On le photographie dans les bras du grand-père, de la tante, de l’oncle, du frère… de tous ceux qui seront jugés indispensables pour l’ancrer dans son histoire. En grandissant, l’enfant adore se référer à son album. Car c’est désormais le sien.

Avec le numérique, le problème du partage ne se pose plus. Une image peut se répéter à l’infini. L’opérateur a d’ailleurs tendance à être débordé par la quantité des clichés. Il faut se répartir les rôles dans le couple. L’un photographie, l’autre sélectionne. Mais après la période euphorique des captures engrangées sur les CD, les disques durs et l’angoisse de les voir disparaître dans un bug, se dessine le temps de l’organisation. On transforme de plus en plus fréquemment l’image virtuelle en objets. Les sites spécialisés dans la confection non plus d’albums mais de livres de famille – les photos n’y sont plus collées mais imprimées- se multiplient sur Internet. On en a vendu deux millions en France, cette année. On commande également des autocollants à mettre sur le frigo, des calendriers, des posters sous forme de mosaïques à l’effigie bien souvent des enfants.

Ce qui frappe avec cette photo de famille, désormais élargie aux proches, aux amis, est qu’elle s’affirme comme un nouveau langage. Les ados s’adressent leurs clichés de façon compulsive sur Face book. Au moindre prétexte, les adultes improvisent avec leur smartphone – ce que jadis on appelait une soirée diapos – une petite séance sur les vacances, ou les risettes du dernier-né. Avec les mails, de nouveaux chroniqueurs apparaissent. On envoie chaque semaine des photos du week-end, le cours d’équitation de la cadette, l’installation du cirque à côté de la maison avec les chameaux qui pâturent sur les bords de la Loire. On veut partager aussitôt l’émotion d’un moment. L’image remplace les mots. Avec elle, une nouvelle forme de communication est en train de s’inventer. Celle du moment présent, de l’instant, de l’ordre de la conversation ou du badinage. Ce qui est apparemment incompatible avec ce qu’elle fut jusque-là : une gardienne de la mémoire, se bonifiant avec les ans. Décidément, la photo de famille est toujours de son temps. (Tiré de Telerama)