Bésiade, Bouyrie: Même origine?

Bésiade. Nom de famille qui aurait été adopté par certains membres de la famille Bouyrie (Boyrie, La Voyrie). Noms présents dans le village de Sauveterre-de-Bearn, Pyrénées-Atlantiques

bésiade, bouyrie, famille, généalogie

bésiade. Blason de gauche. Seguier, blason de droite

Trouvé dans le Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. IV. Ber-Blo. – 1905 par Chaix d’Est-Ange, Gustave (1863-1923)

Éditeur : impr. de C. Hérissey (Évreux)
Date d’édition : 1903-1929
Droits : domaine public
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-LM1-164
Relation : Notice d’ensemble
Provenance : bnf.fr

BÉSIADE D’AVARAY (de). Armes d’azur à une fasce d’or chargée de deux étoiles de gueules et accompagnée en pointe d’une coquille d’or; à l’écusson de France brochant sur la fasce. Supports deux lions. Couronne ducale. Manteau de pair de France. Devise «Vicit iter durum pietas» (A remporté le dur chemin).

La maison de Bésiade d’Avaray qui occupe depuis plus de deux cents ans un rang si considérable dans l’aristocratie française est originaire du Béarn. Jusqu’à ces derniers temps elle était considérée comme étant de noblesse ancienne. La Chesnaye des Bois, Saint-Allais, le chevalier de Courcelles et les autres auteurs qui en avaient donné des généalogies lui attribuaient en effet une origine reculée et en faisaient remonter la filiation les uns à noble homme Amanieu de Bésiade auquel le roi de France aurait fait le 3 janvier 1314 en récompense de ses services donation de trente livres tournois, les autres à Ramond Amanieu de Bésiade, Co-seigneur de Muning, arrière-petit-fils du précédent, qui aurait fait en 1469 donation d’une rente annuelle de cinquante sols morlas aux religieux carmes établis à Sauveterre. Il existe bien dans les mémoires du duc de Saint-Simon une appréciation sévère sur l’origine des Bésiade d’Avaray; mais comme il arrive trop souvent à cet auteur de s’exprimer en termes très injustes sur les personnalités qui ont eu le malheur de lui déplaire, on n’avait jusqu’à présent attaché à son attaque qu’une minime importance. Henri IV, dit Saint-Simon, entre autres bagages, avait amené deux valets du « Béarn l’un avait nom Jeanne, l’autre Béziade ils furent longtemps bas valets. Béziade, camarade de Joanne, qui est devenu le nom de famille de Saumery, eut un emploi à la porte de je ne sais quelle ville, pour les entrées, que Henri IV lui fit donner et continuer. Le fils de celui-ci le continua dans ce métier; mais il monta en emploi et s’enrichit si bien que son fils n’en voulut point tâter et préféra un mousquet. Il montra de la valeur et de l’aptitude il eut des emplois à la guerre, il épousa une sœur de Foucault, longtemps après intendant de Caen, enfin conseiller d’État, qui était une femme pleine d’esprit d’intrigue et qui eut des amis considérables. En se mariant il prit le nom d’Avaray; il est devenu lieutenant général. La famille de Bésiade d’Avaray avait, du reste, lors de la grande recherche commencée en 1666, fait reconnaître son ancienne noblesse par jugement de M. de Machault, intendant d’Orléans plusieurs de ses membres avaient été admis au cours du XVème siècle à monter dans les carrosses du Roi et on était en droit de supposer qu’elle n’avait obtenu cet honneur qu’après avoir fait les preuves de noblesse chevaleresque prescrites par les règlements. Dans la réalité la famille de Bésiade d’Avaray n’obtint que par faveur le jugement de maintenue de noblesse que lui accorda M. de Machault en 1668 et ne fut admise aux honneurs de la Cour qu’avec dispense de preuves, probablement en raison de ses brillants services militaires. On trouve dans les manuscrits de Chérin la curieuse note suivante qui fut envoyée le 24 novembre 1781 au comte de Vergennes : Les preuves faites en 1739 par M. le marquis d’Avaray, grand-père de celui d’aujourd’hui, ont pour base un jugement rendu en 1668 par « M. de Machault, intendant d’Orléans, et ce jugement a pour base des titres faux pour les temps antérieurs au dernier siècle. M. de Clérembault parle de ce jugement en ces termes les titres sur lesquels ce jugement a été rendu ont été vus en originaux en l’année 1739 et reconnus faux pour tous les primordiaux jusqu’à ceux du XVème siècle où la vérité commence et on ne les a tous reçus pour la preuve de l’Ordre du Saint-Esprit que parce qu’ils avaient été admis comme bons par M. de Machault, en sa qualité de commissaire du Roi, afin d’éviter un procès criminel qui aurait déshonoré le commissaire du Roi. Tout ce qu’on peut assurer sur cette famille est qu’elle est réputée originaire du Béarn, qu’elle est venue s’établir à Orléans sur la fin du règne d’Henri IV, que Jacques de Bésiade d’Avaray était valet de garde-robe du monarque en 1608 et que ce Jacques est le grand-oncle du chevalier des Ordres. Ce n’est que de nos jours que la véritable origine de la famille de Bésiade d’Avaray a été déterminée d’une façon précise dans la très remarquable généalogie que M. de Dufau de Maluquer en a donné dans le second volume de son Armorial du Béarn. Comme le fait remarquer cet historien, depuis le XVème siècle les Bésiade d’Avaray comptent assez d’illustrations et les services glorieux qu’ils ont rendus à leurs souverains sont de trop beaux titres de noblesse pour qu’ils aient besoin de revendiquer une extraction féodale qui doit être reléguée dans le domaine de la fable. Il résulte du travail de M. de Dufau de Maluquer que la famille de Bésiade d’Avaray avait pour nom primitif celui de La Vovrie et qu’elle a eu pour berceau la maison, non noble, de la Voyrie, située à Munein, en Navarre. A la fin du XVIème siècle elle possédait dans un faubourg de Sauveterre la maison, également non noble, de Bésiade dont elle a conservé le nom. André de Bésiade était en 1587 régent, c’est-à-dire maître d’école, à Sauveterre. Jean de la Voyrie exerçait les mêmes fonctions en 1595. Jacques de Bésiade, dit Sauveterre, du nom de son lieu d’origine, nommé en 1608 premier valet de garde-robe du roi Henri IV, puis huissier du Conseil secret du roi Louis XIII, fut l’artisan de la fortune de sa famille devenu fort riche. Il acquit en Blaisois le 14 août 1626 la terre considérable d’Avaray dont il garda le nom, puis par contrat du 6 avril 1629 les terres et maisons nobles de Munein, Oreïte, Saint-Martin, Tabaille et Camu, situées aux environs de Sauveterre, en Béarn, et mourut avant le 6 décembre 1640 sans laisser de postérité. Jean de la Voyrie, dit de Bésiade, frère aîné de ce personnage, régent à Sauveterre en 1593, avait épousé vers 1700 honnête femme Jeanne de Bachoué, issue d’une honorable famille anoblie vers la fin du XVIème siècle dont une branche s’est perpétuée jusqu’à nos jours sous le nom de Bachoué de Barraute. D’après les preuves de noblesse faites en 1779 par Théophile d’Avaray pour être admis dans l’Ordre de Malte, ce contrat aurait été passé le 13 juin 1578 devant Michel Doliber, notaire à Sauveterre, avec l’assentiment de noble Jean de Bésiade, écuyer, Cosgr de Muning, père du marié mais cet acte dans lequel le marié est appelé Arnaud, au lieu de Jean, est évidemment faux. Jean de la Voyrie, autrement de Bésiade, fils des précédents, épousa par contrat passé à Sauveterre le 23 avril 1613 Anne d’Arrindolle, fille de maître Jean d’Arrindolle, notaire et jurat de cette ville, et ne prit dans cet acte aucune qualification nobiliaire. Il recueillit par héritage de son oncle Jacques de Bésiade, dit Sauveterre, Sgr d’Avaray, la terre noble de Munein pour laquelle il fut admis aux États du Béarn le 6 décembre 1640. Il laissa deux filles dont l’aînée épousa en 1635 le marquis de Gassion, premier président au Parlement de Navarre, et quatre fils:
1° Jacques de Bésiade, admis aux États du Béarn en 1649 pour la seigneurie de Saint-Martin que son père lui avait laissée, décédé sans postérité;
2° Théophile., qui continua la descendance
3° Jean-Jacques, chanoine de Lescar, admis aux États du Béarn en 1668 à cause de sa seigneurie de Saint-Gladie, décédé en 1695,
4° Jean, chanoine de Lescar, admis aux États du Béarn à cause de sa seigneurie de Camu, décédé en 1701. Ce dernier avait eu son blason enregistré d’office à l’Armorial général de 1696 d’or à un doguin de sable.

Théophile de Bésiade, admis aux États du Béarn en 1668 comme seigneur de Munein, recueillit dans la succession de son grand-oncle le domaine d’Avaray, en Blaisois, fut gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, son conseiller en ses Conseils d’État et privé, grand bailli d’épée d’Orléans, trouva moyen de se faire maintenir dans sa noblesse le 18 février 1688 par jugement de M. de Machault, intendant d’Orléans, après avoir prouvé sa filiation depuis 1469, et mourut en 1682. II avait épousé Marie des Étangs par contrat passé à Paris le 23 mars 1652 et en laissa un fils, Claude-Théophile de Bésiade, né en 1655, connu le premier sous le titre de marquis d’Avaray, marié le 6 novembre 1691 à Catherine Foucault, fille d’un directeur des finances, intendant de Caen, décédé à Paris en 1745, qui eut une brillante carrière militaire et fut lieutenant général des armées du Roi, ambassadeur en Suisse et grand-croix de Saint-Louis. Ce fut ce dernier personnage qui fit construire en 1718 rue de Grenelle, à Paris, le bel hôtel d’Avaray que sa descendance a conservé jusqu’à nos jours. Il avait perdu son fils aîné, Jean-Théophile, brigadier des armées du Roi, mort sans alliance en 1734 des suites des blessures reçues à la bataille de Guastalla. Ce fut son second fils, Charles, marquis d’Avaray, né en 1701, maréchal de camp, marié en 1735 à Mlle d’Etigny, décédé en 1746, qui continua la descendance. Tout le monde connaît l’admirable fidélité qu’Antoine-François, comte d’Avaray, né à Paris, en 1759, petit-fils du précédent, montra à l’égard du roi Louis XVIII à l’époque de l’émigration. Ce prince, en témoignage de sa reconnaissance, autorisa M. d’Avaray par lettres patentes du 24 septembre 1801 à charger ses armoiries de l’écusson de France et lui concéda en même temps la devise «Vicit iter durum pietas», qui est encore celle de sa famille. M. d’Avaray n’eut pas la joie de voir le rétablissement de la monarchie légitime et mourut le 4 juin 1811, sans avoir été marié, dans l’île de Madère où il était allé chercher à rétablir sa santé. Claude-Antoine de Bésiade, marquis d’Avaray, né en 1740, père du précédent, marié en 1758 à Mlle de Mailly-Nesle, était maréchal de camp et lieutenant-général de l’Orleanais quand il fut nommé député aux États généraux de 1789 par la noblesse du bailliage d’Orléans. Le marquis d’Avaray siégea à droite de cette assemblée, fut emprisonné pendant la Terreur, alla rejoindre les Princes en exil dès qu’il eut recouvré la liberté et ne rentra en France qu’à l’époque de la Restauration. Louis XVIII combla de faveurs le père de son fidèle serviteur, le nomma lieutenant-général de ses armées, l’appela à la Chambre des Pairs à titre héréditaire par ordonnance du 17 août 1815, lui renouvela par lettres patentes du 16 décembre suivant l’autorisation de charger ses armoiries de l’écu de France et enfin lui conféra le titre héréditaire de duc par ordonnance du 31 août 1817 confirmée par lettres patentes du 8 décembre suivant. Le duc d’Avaray fut autorisé par nouvelles lettres patentes du 7 septembre 1822 à faire ériger en majorat son hôtel d’Avaray, à Paris, et les domaines qu’il possédait dans le département de Loiret-Cher. Il mourut en 1829 au château d’Avaray. Il avait survécu non seulement à son fils aîné, mentionné plus haut, mais aussi à son second fils, Théophile, chevalier de Malte, qui fut une des victimes de Quiberon en 1790. Ce fut son troisième fils, Joseph Parfait de Bésiade, duc d’Avaray, né en 1779, lieutenant-général des armées du Roi en 1824, pair de France par droit héréditaire en 1829, démissionnaire en 1832, marié à Londres en 1800 à Mlle de Tharon, décédé en 1859, qui continua la descendance. Ange-Théophile, troisième duc d’Avaray, fils de celui-ci, marié en 1820 à Mlle de Mortemart, décédé en 1887, fut gentilhomme de la chambre du roi Charles X; il a été le grand-père du duc actuel, né en 1856, qui est encore propriétaire du château d’Avaray.

Principales alliances de Bachoué de Barraute, de Gassion 1630, Barton de Montbas, d’Escoubleau de Sourdis, Mégret d’Etigny 1731, de Boeil 1719, de Baschi de Saint-Estève 1734, de Mailly 1758, de Grave 1781, Michel de Tharon 1800, de Rochechouart-Mortemart 1825, de Moustier 1847, Séguier 1855, de Mercy-Argenteau 1883, d’Hinnisdal 1884, etc.