12 juillet 2011 by

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française: 1801-1806

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Le tsar ordonne à Louis XVIII de quitter Mitau, sans destination précise. La lettre de Bonaparte, datée du 7 août 1800 arrive le 20 janvier, jour du départ de la cour. L’attentat de décembre contre le consul est connu pendant l’exil. Louis XVIII qui attend une proposition de résidence est à ce moment là à Koenigsberg. Il arrivera le 22 février à Varsovie.Le 9 février le congrès de Lunéville signe la paix entre l’Autriche et la France. Seule l’Angleterre continue la guerre. Mais les subsides sont coupés pour les émigrés.

L’agence de Paris et son conseil royal, gouvernement provisoire, sont dissous.

Le prince de Condé arrive avec le duc d’Enghein, à Vienne le 5 juin. Ils vont tous se séparer :

Condé part pour Prague, Leipzig puis Brunswick.

Enghein va à Gratz

Louis XVIII ira à Varsovie.

Fauche Borel rejoint Neufchâtel

Le roi de Prusse, sur demande de Bonaparte, fait arrêter les agents royalistes à Bayreuth; de Précy, Imbert Colomès, le comte de La Varenne.

Pichegru a eu le temps de s’enfuir et rejoindra Londres.

Dandré est déjà loin.

Les trois inculpés retrouverons rapidement leur liberté, à la diminution des pressions du consulat français.

L’armistice est rompu en Allemagne et en Italie. Fauche Borel part pour Hambourg puis Londres où il arrive le 1er juillet 1801.

Bonaparte accorda l’amnistie aux émigrés par sénatus-consulte du 6 floréal an X (26 avril 1802), mais de nombreux émigrés étaient déjà rentrés en France

1806

Mort à Naples de Pierre Charles Duclos, marquis de Bésignan.

LES ANNEES SUIVANTES

La disparition de Pierre Duclos arrive au moment de la normalisation de la République sous la poussée de Napoléon Bonaparte.

Les dernières résistances sont vaincues dans le territoire national. L’armée avance de victoire en victoire, jusqu’à un certain village de Waterloo. La Restauration prend le relais. Les biens des émigrés sont alors indemnisés par le royaume.

La famille Duclos a été pratiquement désintégrée par cette vague révolutionnaire mais nous la retrouvons ensuite, désunies, dans maintes réclamations. Voici, en quelques lignes, les derniers rebondissements de l’affaire de Bésignan.

Le 17 février 1800, le canton de Sainte Jalle disparait. Il fut englobé par l’arrondissement de Nyons. Les villages de Gouvernet et La Bâtie Verdun furent rattachés à St Sauveur.

Le 11 novembre 1800, le prêtre Jean Monnet-Duclos de Grignan, frère du marquis fut amnistié.

Le 25 novembre 1800, 6 livres de valeur libératoire furent données à Joseph Henri Villelongue ,officier de santé.

Le 30 septembre 1801, François Brès, instituteur, remplaça Villelongue, comme secrétaire de la commune de Sainte Jalle.

Le 23 octobre 1802, le capitaine commandant la gendarmerie du département de la Drome donna les amnisties, suivant la loi du 24 floréal an 10 ( 14.05.1802). A Sainte Jalle, nous notons dans les registres de l’époque :

– Bonniface Jean, 31 ans, amnistié pour désertion n°466 dans l’état des amnistiés de l’arrondissement de Valence, autorisé à rentrer dans ses foyers.

– Branche Jean Baptiste, 27 ans 4 mois, n° 508.

– Arnavon Jean Joseph, 31 ans, 5 pieds 5 pouces n° 465.

Le 22 octobre 1803, à l’Isle-sur-la-Sorgue, certificat d’amnistie pour François Hector Bésignan, ,frère du marquis. Ce certificat arriva juste au décès de son épouse, « tombée malade au premier jour des noces ». Hector Bésignan était inscrit comme lieutenant de vaisseau au service du roi, embarqué à Marseille.

Le 29 mai 1805, mourut dans sa maison de Sainte Jalle Joseph Henri Villelongue à 3 heures du matin à l’âge de 78 ans.

En 1805 Napoléon fut sacré roi d’Italie.

La loi du 5 décembre 1814 rendit aux émigrés leurs biens confisqués par l’Etat et non vendus. La loi du 27 avril 1825 affecta à leur indemnisation 30 millions de rente au capital d’un milliard (le fameux milliard des émigrés).

Le 28 décembre 1816, la mairie de Buis Les Baronnies remplit un certificat pour la marquise de Bésignan :

« …appartient à madame Duclos, veuve, habitante en cette ville de buis, puis à Bésignan… fortune estimée à 400.000 francs…siège soutenu contre les troupes envoyées par le général Montesquiou sous les ordres du général d’Albignac…détenue pendant vingt sept mois dans les cachots des prisons criminelles de cette ville et de Valence…domestiques guillotinés à paris…ses fils, capitaine adjoint à l’état major de la place de Paris…puisqu’elle partagea tous les sacrifices et tous les périls de son mari dont la conduite magnanime est encore un sujet d’admiration dans le département… »

Le 21 novembre 1817, dans le « Journal des débats politiques et littéraires », un marquis de Bésignan est cité dans l’état major de la place de Paris. Fils??

Plusieurs années après, très précisément datée du 20 juillet 1825, les archives nous fournissent une lettre de François Hector, frère du marquis :

« Mon père , pour réparer à mon égard une préférence exclusive et injuste qu’il avait eu pour mon frère aîné, me nomma en ces vieux jours, au retour de mon émigration, son héritier universel des mêmes biens dont il avait disposé envers ce même frère en le mariant, biens que celui-ci répudia au commencement de la révolution… »

Il demandait les pièces suivantes :

  • testament de Abel Taxis du 21.10.1754
  • contrat de mariage de Charles Duclos du 02.02.1780
  • répudiation du marquis du 20.06.1789

La liquidation des dettes se fit entre :

1. Monsieur Taxis, du Poët : 24613 francs

2. Madame Duclos, femme : 85769 francs

3. Dame Charlotte Flour Saint Genis :69085 francs

4. Dame Mariane Louise Flour Saint Genis :

5. et Dame Pauline Emilie Flour Saint Genis 6516,60 francs

6. Sieur Jean Baptiste Guillaume Lépine : 27533,34 francs

Louis Désiré Ulysse est considéré à ce moment comme l’unique héritier.

Le 04 août de la même année 1825, un courrier fut adressé :

« à monsieur le chevalier de Bésignan…

juge de paix du canton de l’Isle….

Le produit de la vente en assignats est de 184.610 francs avec des dettes liquidées de 110.382 francs… »

Le 16 janvier1826, une lettre René de Taxis du Poët, habitant d’Orpierre, fournit le testament de Dame Marie Anne de Taxis de Bésignan daté d’avril 1777 pour preuve de ses créances.

Le 18 mars1826, une lettre reconsidérait les biens de Duclos :

  • actifs : 71437,80 francs
  • passifs : 144431,94 francs

donc excédent de passif de 72994,14

Datée du 26.09.1826, nous retrouvons aussi une lettre d’un créancier, Montségur de Dampmartin qui demandait un accord pour 34049,94 francs.

Le 19 novembre 1827 au tribunal de paix du canton de Nyons, a comparu Louis Désiré Ulysse Duclos, marquis de Bésignan, domicilié à Sisteron.

Il fit constater l’estimatif des revenus de 1790 de Pierre Charles Joseph Marie Duclos, son père, soit : 4400 francs en immeubles sur le canton de Nyons, 5000 francs sur le canton de Mirabel.

Deux ans après, le 7 septembre 1829, il récidivait en présentant un mémoire soutenu par sept témoins et contenant :

1. Extrait des registres de la justice de paix du canton de Buis du 17.09.1827 :

les biens vendus avaient un revenu net en 1790 de 15.000 francs à Bésignan.

2. Acte de notoriété délivré au brevet par le juge de paix du canton de Nyons le 19.09.1827

4000 francs de valeurs

3. Acte de notoriété délivré au brevet par le juge de paix du canton de Nyons le 19.09.1827

En fournissant l’acte d’abandon définitif du sieur Joseph Duclos en date du 16 vendémiaire an VII (07.10.1798) = 5000 francs

Ce qui donne un total de 24.400 francs avec un arriéré de 18 années soit un total de 439.200 francs.

La lettre est de Louis Désiré Duclos adressée à Son Excellence Monseigneur le Ministre des Finances en date du 31 août 1827. L’héritier avait un fondé de pouvoir en la personne de Monsieur André Gabriel Thérèse Berthier, domicilié au n° 24 bis de la rue Gervaudan à Paris.

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Serge Billard Baltyde

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