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Après l’arrêt de la deuxième coalition, Fauche Borel rejoint Pichegru qui s’est réfugié à Leitershoff, près d’Augsbourg.

Il y rencontre à l’occasion d’un bal masqué le général Willot, les neveux du général de Précy, le baron de Roll ainsi que de Stakelberg, ambassadeur de Russie. Puis Fauche Borel part à Londres au début du printemps. La traversée sera marquée par la poursuite d’un corsaire français.

L’abbé de la Marre arrive à Mitau à la fin du mois de janvier et explique au roi le mouvement royaliste: incapacité, vanité, indiscrétion, rivalité, défiance, prétention, dédain sont les adjectifs qui imagent le mieux l’agence de Londres. Par contre, à Paris, les agents sont solides, désintéressés, prudents, honorables et neufs, n’ayant jamais trempé dans les complots. Cette agence propose d’ailleurs officiellement de mener les tractations avec le consulat; soit ils obtiennent le rétablissement de la monarchie, en échange d’avantages certains, soit il favorise un renversement du pouvoir en place et nomme un gouvernement provisoire, attendant le retour du roi. Leur seule condition est de laisser les agents de Londres dans l’ignorance de ce projet.

Il est vrai que pendant cet hiver, l’agence de Londres a mené sa propre guerre. Un complot amenant un coup d’état a été forgé sans informer le roi. Son meneur, le chevalier de Coigny, fut cependant empêché le 9 novembre 1799. Ces évènements n’étaient pas encore connus à la cour du roi.

Louis XVIII veut ménager ses différentes représentations. Il propose de nommer le baron d’André de l’agence de Souabe, comme intermédiaire entre d’une part le roi et Paris et d’autre part le comte d’Artois et Londres.

Le 20 février sont rédigés les différents mémoires et ordres pour le gouvernement provisoire, les généraux Pichegru et Willot, ainsi que pour le duc de Berry, à l’armée de Condé, qui dirigera l’expédition militaire au nom du roi. Une condition était toutefois liée aux pouvoirs donnés à l’agence de Paris; celle de s’adjoindre un des représentants de Londres, le nommé Coigny.

De la Marre quitte le 23 février Mitau pour rencontrer en mars à Augsbourg, le baron d’André de l’agence de Souabe.

Moreau passe le Rhin en avril, gagne trois batailles, prend Memmingen, occupe Augsbourg et remporte une victoire à Hochstedt sur la rive gauche du Danube entraînant la totale désorganisation des armées autrichiennes.

Fauche Borel se rend à Munzingen et retrouve Wickham dans un couvent situé à 10 ou 12 lieux de Vienne. L’Autriche signe un traité avec Moreau à Parsdorf, à côté de Munich.

Le roi de Prusse visite ses troupes sur la ligne de neutralité à Wesel où se trouve Pichegru.

L’agence royale d’Augsbourg, qui a été dispersée, se réfugie dans la province prussienne de Franconie, principalement à Bareuth. On y retrouve Dandré, Frey et Imbert Colomès.

En avril, de la Marre se trouve à Paris et forme le gouvernement provisoire. Le marquis de Clermont-Gallerande, dit Saint Pierre, en devient le président. L’abbé de Montesquiou, dit Prudent, et Royer-Collard, dit Aubert sont ses adjoints. Le baron d’André, dit Kilien, est nommé officiellement émissaire.

Le 2 mai, ils découvrent que Coigny est invité officiellement à faire partie des négociations. Les trois membres envoient leur démission au roi qui la reçoit le même jour que l’annonce de la bataille de Marengo le 14 juin 1800.

Pendant ce temps, Fauche Borel quitte Londres dès les premiers jours de juin. Il embarque à Harwich sur le paquebot « le Dolphin » du capitaine Flyn. Pendant la traversée, le navire est arraisonné par « le Napoléon » du capitaine Pollet de Boulogne. Fauche Borel s’en sort sans encombre grâce au faux passeport sous le nom de Fréville, horloger suisse.

L’abbé de la Marre quitte Paris.

Coigny s’entoure alors d’agents connus donc fichés par la police de Fouché; l’abbé Matel, de Hyde de Neuville, etc, tous subalternes de l’abbé Brottier. Ils sont protégés par Dutheil, l’agent français du roi en Angleterre.

De la Marre refuse d’intriguer avec cette équipe. Sa démission est refusée.

Le baron d’André est envoyé en Angleterre pour atténuer le problème auprès de Monsieur, frère du roi. De toute manière, l’agence de Paris n’a pas le choix. Les anglais ne fournissent de finances qu’aux seuls représentants désignés par les émigrés basés en Angleterre.

Les tractations avec Bonaparte sont freinées. Montesquiou, chargé de faire passer les lettres au jeune général, tarde à les remettre.

La proposition est simple et alléchante. Louis XVIII propose de tailler un royaume en Italie pour le jeune consul en échange de la récupération de son trône.

La réponse sera faite le 7 août. Bonaparte offre le royaume de Pologne à Louis XVIII ou une émigration en Espagne, comme pensionné du gouvernement français.

Fauche Borel rejoint l’agence royale à Bayreuth en novembre. Pichegru les rejoint à son tour.

Le 03 décembre 1800, victoire de Hohenlinden de Moreau qui entraîne une signature d’armistice entre l’archiduc Charles et Moreau.

Pierre Duclos , marquis de Bésignan, est signalé dans Paris. Il entretien une correspondance serrée avec d’André. (archives du Ministère des Affaires Etrangères; inventaire sommaire: novembre decembre 1800)

Le 24 décembre, l’attentat de la rue St Nicaise dit «attentat de la machine infernale» à Paris, contre le premier consul, et fomenté par les chouans, en relation étroite avec les agents de Londres et peut être en compagnie du Marquis de Bésignan, arrête définitivement toute négociation.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. St Nicaise

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Attentat de la rue St Nicaise

 

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. cadoudal

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Arrestation de Cadoudal.

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Serge Billard Baltyde