17 juillet 2011 by

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française: 1796

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Les insurrections royalistes se multiplient dans le Sud de la France pour ces années 1796 et 1797.

Marseille, Nîmes, Aix, Toulouse, Le Puy, Tarascon.

Haute Loire, Vivarais.

Languedoc, Lyon, Provence, Cévennes; Chauffeurs, Compagnons de Jésus ou autres.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Les chauffeurs en action
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. insurrect
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Insurrection royaliste

On retrouve dans la liste des agitateurs :

Le marquis de Bésignan : « véritable énergumène, bavard, agité » qui entreprend de soulever Lyon et de former une ligne qui s’étendrait de la Franche Comté à la vallée du Rhône pour faciliter l’invasion des autrichiens par les frontières de l’Est.

Le baron de St Christol, originaire du Comtat, qui veut s’emparer des grandes villes du midi.

Le chevalier de Lamothe qui mène une guerre d’escarmouche.

Le marquis de Surville, ancien officier au régiment de Picardie, à ses heures poête et à la nature chevaleresque.

Le chevalier Durieu dit le chevalier de la Lune.

Le comte de Cassaniouze, Pellamourgue.

Dominique Allier, frère de l’ancien prieur de Chambonas, fusillé avec Charrier.

Ce sont tous des royalistes dans l’âme mais ils sont rebelles à toute discipline. Ils s’irritent des ordres donnés car ils sont imbus de tous les préjugés sur les émigrés. Cependant, ces ordres, ils vont les chercher en Angleterre, auprès du comte d’Artois, en Suisse auprès de Condé, à Vérone puis à Blanckenberg auprès du roi. Louis XVIII avant de quitter Vérone avait constitué deux agences pour représenter les intêrets de la couronne.

L’agence de Suisse (puis de Souabe) est dirigée par trois hommes :

Le comte de Vezet, ancien président du parlement de Besançon.

Le général de Précy, organisateur de l’insurrection de Lyon.

Imbert-Colomès, ancien maire de Lyon, mais actuellement élu député aux Cinq Cents.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. imbert_colomes
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Cette agence vit des fonds anglais, versés par Wickham, qui sera remplacé plus tard par Crawford, commissaire du cabinet britannique installé en Suisse. La Banque Martin de Genève est le lieu de passage des finances necéssaires.

L’agence de Suisse est placée sous le contrôle de l’armée de Condé qui campe sur les bords du Rhin avec l’armée autrichienne.

Cette antenne est chargée de provoquer et de soutenir les mouvements royalistes de l’Est et du Midi ; Alsace, Franche Comté, Lyonnais, Velay, Languedoc et Provence. Ses agents travaillent aussi à obtenir le ralliement des généraux républicains ; Pichegru, Hoche, Moreau, Kellermann et Willot.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. hoche
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Hoche
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. kellermann

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Kellermann

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. moreau

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Moreau

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. pichegru
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Pichegru

Pichegru avait déjà rencontré le prince de Condé en septembre 1795. Une transaction financière avait été proposée en échange d’un ralliement mais les fonds avaient été détournés par les deux agents chargés des négociations, Montgaillard et Fauche-Borel.

De même, le comte d’Antraigues, agent du roi à Vérone, avait livré le secret de ces transactions au général Bonaparte.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. antraigues
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Le comte d’Antraigues

L’agence de Paris est chargée de gérer les insurrections de l’Ouest. Elle avait été instituée en 1794, sur les conseils du comte d’Antraigues! Où l’on voit que les rapports sont faits d’intrigues et de fourberie… Le comte d’Antraigues est maintenant à Venise sous la protection de la Russie. Il prend le titre de ministre du régent. Il est chargé des relations entre Londres, Paris et Madrid.

Cette agence de Paris est en fait l’organe des princes émigrés. Elle est dirigée par quatre personnes ; l’abbé Lemaître, qui sera remplacé par de La Villeheurnoy, l’abbé Brottier, le chevalier Despomelles et Duverne de Praile. Elle reste en relation avec l’Espagne jusqu’à la paix puis Londres par l’intermédiaire de Dutheil. L’agence de Paris fait aussi appel à Imbert-Colomès qui est maintenant élu aux Cinq Cents. Ses relations sont très serrées avec Londres, la Suisse, Blanckenberg, la Normandie et la Bretagne. Ses principaux émissaires sont le prince Louis de La Tremoille, le comte de Rochecot, le comte de Bourmont, le prince de Carency, Fauche Borel, libraire de Neufchatel en Suisse, qui avait joué un rôle dans les négociations avec Pichegru, et l’abbé André dit l’abbé de La Marre qui servira fidèlement pendant les six années suivantes.

La fin du mois de janvier 1796 est terrible pour la ville de Largentière. Le 22, une émeute aux cris de « Vive le Comte d’Artois ! La nation sous les pieds ! Vive la famille royale ! Au diable la convention ! Vive le roi ! » fait de nombreuses victimes. Cinq jours plus tard, une foule de 200 à 300 paysans tente d’investir la ville. Après une fusillade nourrie avec la garnison de la prison, les assaillants sont obligés de se replier. Le 2 février, un détachement de 60 hommes arrive pour rétablir l’ordre. Mais 4 jours après, les délégués du département ordonnent la libération des prisonniers et inculpent le juge de paix de Largentière pour « procédure illégale ».

De même, le 5 février 1796, un affrontement avec les républicains à Lamastre renforce les tensions entre les pro- et anti-révolutionnaires.

L’autre camp se trouve devant une tâche beaucoup plus délicate pour éviter les foudres du pouvoir exécutif qui les soupçonne, à raison, de connivence avec les contre-révolutionnaires. Cependant, ils réussissent lors des élections à évincer les derniers républicains dans des villes comme Les Vans, Lamastre, Bourg Saint Andéol, Aubenas, Sumène, Vernoux, Joyeuse, Bannes et Privas. Cette dernière est d’ailleurs considérée alors comme « un nouveau Coblenz ». Ainsi, par le suffrage républicain, les administrateurs du département de l’Ardèche se comptent désormais dans le camp royaliste. En particulier, il faut citer, outre Châteauvieux, Viguier, agent du Comte d’Antraigues et beau-frère d’émigré. Cette prise de pouvoir se traduit par un assouplissement des sanctions révolutionnaires. La rentrée clandestine des émigrés est simplifiée par la délivrance sans contrôle de certificat de résidence et de civisme. L’Ardèche devient réputée pour ses mesures et des gens viennent de toute la France solliciter ces indispensables sauf-conduits. Dans certains cas, quelques passeports en blanc sont adressés à l’étranger pour favoriser le retour de familles nobles. De même, l’administration centrale protège les déserteurs en leur fournissant de faux documents. Au 7 juillet 1796, un rapport établit à 6000 le nombre d’hommes échappant aux armées de la république. Dans la même politique, le conseil de l’Ardèche ferme les yeux sur les prêtres réfractaires, ceux qui ont refusé de prêter serment à la révolution. Au début de l’année 1796, il ne reste dans le département que 5 à 6 prêtres de la constitution civile. Ils vivent dans la misère, ignorés par la population et privés de toute ressource. L’abbé Vernet obtient ainsi 125 rétractations de curés assermentés. Au début de l’année 1797, le culte dans les églises a repris, les curés tiennent à nouveau les registres de l’état civil et la population peut participer sans crainte aux processions religieuses.

Les incidents provoqués par les bataillons royalistes sont minimisés par les administrateurs qui tentent de calmer la frange jacobine qui hurle sur le peu d’empressement dans les procès des contre-révolutionnaires capturés. Les délégués du département en profitent même pour encourager la haine qui se fait jour envers ces derniers républicains au pouvoir. Sentant le danger, ceux-ci préfèrent rester sur la touche, ne pouvant que constater que le département de l’Ardèche venait de devenir un fief monarchique.

Le 25 février 1796, la rumeur évoque des rassemblements suspects autour de la région de Bannes. Les républicains craignent une nouvelle Vendée mais l’administration centrale, soutenue par la députation de l’Ardèche, rassure le ministre de la police. A cette date là, les chefs républicains de l’Ardèche, Châteauneuf, Randon, Motte, Gleizal et Saint Martin, n’ont plus les oreilles de leurs supérieurs.

A partir d’avril 1796, le département est infesté par les agents royalistes. Le plus connu, car le plus actif, est sans doute Dominique Allier, autrement connu sous les noms de Bertrand, Thomas ou François. Il possède à lui seul un palmarès impressionnant. Son frère, Claude, a été un des chefs de la conspiration de Saillans. Un autre frère, Charles, s’est battu au siège de Lyon mais a été fusillé. Quant à Dominique, il ne peut renier la fratrie. En juillet 1792, il est commandant, avec le chevalier de Melon, que l’on retrouvera au siège de Lyon, au bois de Courcy, près de Jalès. Au début de l’année suivante, il sera arrêté à la suite de l’affaire de Saillans. Le 24 août 1793, il est à nouveau arrêté, en Lozère cette fois-ci. Après une nouvelle évasion, il se retrouve sous les ordres de Précy au siège de Lyon. En septembre 1794, il est dénoncé et arrêté à Pont de Cèze alors qu’il préparait une attaque sur Alès. Il réussit à retrouver sa liberté et un an plus tard, il se trouve en Suisse pour réclamer un soutien financier auprès des agents Imbert-Colomès et Wickham. Trouvant bourse fermée, il revient en Vivarais au début de 1796. Il se déplace sous le déguisement d’un colporteur et regagne ainsi sa base dans la région de Bannes, de Berrias ou dans la forêt de Bauzon.

Dans ce clan d’«agitateurs», outre Dominique Allier, qui transmet les ordres en rapport avec le camp émigré, nous retrouvons à cette époque :

Perrochon, Fontanieu dit La jambe de Bois, Pagès, Ducros, Fabregat et Crégut. Ces personnages sont très populaires dans la région de Bannes, Berrias, Courcy et St Amboix, villages qui se trouvent à l’Est de Viviers, entre Joyeuse et Alès.

Claude Donnat Duny dit le roi de Bauzon, Claude Brun du Biage dit le Petit Saillans, Deygout-Lachamp. Ce sont les chefs des brigands et des contrebandiers qui se cachent dans les montagnes. Ils seront plusieurs fois condamnés à mort.

La troisième faction est représentée par les émigrés, la plupart chassés de Lyon. Les deux frères Verron, Laforest fils, le marquis de Saint Just, Deroudilhe la Vermalette, Durieu dit le chevalier de la Lune. Nous pouvons aussi citer le chevalier de Lamothe. Celui-ci arrive des confins du Velay et du Forez. Au début de l’an IV, il a tenté de soulever Yssingeaux. Son échec l’a renvoyé sur Lyon, où il trouve un nouveau refuge. Malheureusement, la découverte du plan d’Imbert-Colomès, transporté il faut le rappeler par le marquis de Bésignan, l’oblige à fuir encore, et cette fois dans le Vivarais. Un autre personnage, émigré en 1792, est le marquis de Surville qui, en mai 1796, se fait nommer « commandant par le roi de l’armée du Midi ».

Le marquis de Bésignan, au milieu de cet aréopage, aide le comte de Saint Christol et l’ex-prieur Béranger, qui harcèlent les républicains sur la rive gauche du Rhône.

Cette alliance entre vrais royalistes et brigands trouve sa pleine efficacité à partir du printemps 1796. Le recrutement de volontaires bat son plein. Les émigrés proposent 20 sols par jour ou 6 louis d’or pour la durée de la campagne, c’est à dire bien au-dessus de ce que peuvent faire les républicains. Les bruits courent, lancés par ces activistes, sur l’imminence d’un soulèvement des neuf départements du midi, sur l’écrasement total de l’armée républicaine et sur l’invasion prochaine des ennemis massés à la frontière.

Le 3 mars 1796, une lettre de Serrière, commissaire du pouvoir exécutif du département de la Lozère, est envoyée à son confrère de l’Ardèche. La ville de Mende s’émeut de l’arrivée d’étrangers en nombre et des rassemblements qui se font jour dans la région de Bannes. Cette lettre évoque pour la première fois le mot de « seconde Vendée ». Le chiffre de 3000 rebelles, dans cette zone entre l’Ardèche et la Haute Loire est avancé. Leur soutien financier serait assuré par la Suisse.

Dans le même temps, l’administration du département de la Drôme lance un arrêté imprimé à Valence. Ce document est diffusé dans les départements voisins pour information aux citoyens de son ressort. La Drôme demande l’aide des administrations municipales pour former un détachement de 50 hommes dans chaque canton et l’établissement dans toutes les communes de piquets extérieurs chargés de vérifier les passeports.

Sur un ton identique, Mabant le jeune, commissaire du directoire exécutif du Gard, à Nîmes, écrit le 17 avril 1796 à son collègue ardéchois. Il s’interroge sur le rassemblement de Bannes et soupçonne ouvertement dans ses phrases l’Ardèche de favoriser cette « nouvelle Vendée ».

En avril 1796, les préparatifs aux combats sont évidents. Les dépôts d’armes se constituent sous l’œil «bienveillant » de la gendarmerie.

La guérilla est à son apogée. Allier, fort d’un quartier général solide dans la région de Bannes et Barjac, se donne comme objectif Pont Saint Esprit et Nîmes. Béranger réclame les renforts de la rive gauche, dans lesquels se trouvent Pierre Duclos de Bésignan. Lamothe, en relation avec les bandes de la Haute Loire et de la Lozère, soulève la montagne. Le Petit Saillans vise Le Puy en Velay. Degout-Lachamp est chargé de Largentière et Joyeuse, à la tête d’une troupe de 300 hommes. Mais, le 4 avril 1796, ce dernier dévoile les plans au juge de paix de Jaujac, le sieur Blachère. Le général Motte renforce alors les garnisons de Joyeuse, mettant un terme aux hostilités.

Pendant ce temps, les actions continuent sur les autres fronts :

Le 7 avril, les membres du comité de correspondance de la société populaire de la ville de Pont Sur Rhône écrivent aux administrateurs du district d’Aubenas. Ils signalent qu’un des chefs fédéralistes du Gard est en train de fuir vers Aubenas. Il se nomme David Jouquier, 40 ans, et répond au descriptif suivant : «5 pieds, visage rond et plein, menton rond, cheveux noirs».

Le 16 avril 1796 : Allier, Perrochon, Fontanieu et Béranger attaquent Barjac, dans le Gard, avec une troupe de 300 soldats. Ils arrivent à désarmer la garnison, abattent l’arbre de la liberté et s’empare d’un canon. Se trouvant en nombre insuffisant, ils ne foncent pas vers Pont Saint Esprit et se retirent sur Berrias et Bannes.

Le 17 avril, donc, une partie de la troupe, forte de 150 hommes et un canon, traverse le village de Berrias.

Le même jour, la montagne, aux confins de la Lozère et de la Haute Loire est insurgée.

Le 18 avril 1796 : Le général Motte, qui a réquisitionné les gardes nationales, marche sur Barjac. La garnison des Vans culbute les chouans à Bannes. Au cours de ce combat, Dominique Allier est blessé.

Le 19 avril 1796 : A St Laurens les Bains, 60 hommes avec « fusils, tant de chasse que de munitions, et armés de sabres » s’emparent du village aux cris de «vive le roi, à bas la nation! ». Ils cherchent à libérer un prisonnier capturé à St Etienne de Lugdarès et abattent l’arbre de la liberté.

Le 20 avril 1796 : 200 royalistes, commandés par Petit Saillans et St Just, attaquent Montpezat mais se retirent rapidement. Le lendemain, un prisonnier, Jean Baptiste Brusse, est interrogé par le juge de paix, en la personne de Pierre Louis Chalas. Il donne le nom de ses deux chefs.

Le même jour, Laurent Ceysson lance ses « cocardes blanches » à l’assaut de Ste Eulalie.

Le 24 avril 1796 : Le général Motte pénètre dans la forêt de Bauzon en faisant jonction avec les bataillons de la Haute Loire. Tous les brigands ont disparu.

Le 3 mai 1796, sur les berges du lac d’Issarlès, une proclamation officielle est lancée par les généraux de l’« l’Armée Royale et Chrétienne d’Orient».

Le 10 mai 1796, un des meneurs royalistes, Jean Baptiste Deygout dit Lachamp, 39 ans, est capturé. Son interrogatoire, daté du 26 du même mois, permet d’établir la liste nominative des principaux chefs de l’insurrection :

Vincent Thibon, Combaluzier, Fontagnet dit Jambe de Bois, Laforest dit Chopagne et Dominique Allier.

Combaluzier semble être responsable des recrutements.

L’état major est ainsi dessiné :

Dominique Allier général en chef

Fontagnet dit jambe de bois général

De Vernon, émigré général

Laforest dit Chopagne commandant

Le 3 mai 1796 : Chateauneuf Randon, un des commandants militaires, rentre à Privas sans passer par la montagne car Allier s’est vanté de le capturer, lui et son escorte.

Certains chouans sont pourtant emprisonnés mais ils arrivent pratiquement tous à retrouver leur liberté. Ainsi, Perrochon s’évade le 31 mai 1796. Pagès et Crégut se trouvent des complices dans l’escorte chargée de les accompagner. Ils seront arrêtés à nouveau quelques mois plus tard. Lamothe-Pongard, frère de Lamothe sera acquitté par le tribunal criminel mais, repris à la fin de l’an IV, il sera fusillé à Montpellier.

La guérilla évolue sur le terrain. Les actions sont menées par des bandes armées de 10 à 20 hommes qui opèrent de façon indépendante.

En juin 1796, de nouveaux rassemblements sont signalés dans la région de Bannes mais les royalistes sont inquiets car ils perdent le contrôle de leurs troupes dans des combats qui évoquent plus le banditisme et l’anarchie que l’ordonnancement de l’armée royale. Ils demandent alors au roi un commandant en chef pour les troupes du Vivarais et des Cévennes. Ils désignent comme émissaire Surville qui se rend auprès de Louis XVIII à Mannheim à la fin de l’année 1796. Le roi est alors expulsé, sur ordre des autrichiens, de la ville et rejoint l’armée de Condé en Allemagne. Bésignan se rend en premier auprès du prince de Condé pour lui exposer le but de son voyage. C’est après l’avoir entendu, que Condé le renvoyait au roi, car le roi, seul, pouvait se prononcer sur la proposition qu’apportait Bésignan. A cette époque, les messages sont codés en partition de musique, où un chiffre donne la clef à utiliser pour les notes.

L’Autriche va rompre l’armistice et passer le Rhin fin mai, puisque les armées de Pichegru et Moreau sont favorables. Mais Pichegru se retire en Arbois en juin 1796. Son nom de « guerre » est Baptiste et les correspondances secrètes se multiplient entre lui et Wickham, surnommé « Bluet ».

Fauche Borel arrive à Lons le Saunier le 23 juin puis à Arbois pour rencontrer Pichegru. Il passe par les montagnes grâce à la famille Michel et ses trois garçons et s’arrête à l’auberge du Villers.

Malheureusement, en juillet, les armées vendéennes se rendent au général Hoche, libérant ainsi plusieurs milliers de soldats qui peuvent venir renforcer le théatre des opérations sur la frontière allemande.Le roi part ensuite pour Blanckenberg car l’Autriche, qui a tenté de passer le Rhin, bat en retraite. Moreau vient de battre en effet l’archiduc Charles à Kehl le 5 juillet.L’armée de Condé s’est réfugiée en Bavière.

Le 2 septembre Montgaillard arrive à Venise dans l’espoir de rencontrer Bonaparte. Montgaillard essaie de voir le comte d’Antraigues, alors attaché à la légation russe de la république de Venise. Il lui propose de séduire Bonaparte, alias Eléonore, par les mêmes procédés que ceux utilisés dans les négociations avec Pichegru. Le comte d’Antraigues évite de rencontrer ce personnage à la réputation déjà bien douteuse.

La multiplication des opérations militaires en Allemagne au cours du mois d’octobre empêche toute relation entre l’Autriche et les royalistes.

Le 2 octobre, Condé bat à son tour Moreau à Bribach, sauvant l’armée autrichienne d’une défaite certaine. Condé part établir son quartier général à Mulheim.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. conde
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Cavalerie de l’armée de Condé
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. conde
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Armée de Condé

Le 15 décembre, Montgaillard rejoint Bonaparte à Milan.

En cette fin d’année 1796, l’abbé de La Marre arrive à Blanckenberg, nouvelle résidence de Louis XVIII, après un séjour à Londres et à Paris. Il vient soutenir l’idée d’un renforcement de la diplomatie avec négociations secrètes et propagande ouverte auprès du peuple français, lassé des excès de la guerre. Il favorise cette solution en dénigrant la branche armée. Le roi décide alors d’unir les différentes forces royalistes intérieures en créant trois agences qui devraient agir de concert à partir de novembre 1796 :

Une agence : Franche Comté, Lyonnais, Aubergne, Forez.

Deuxième agence : provinces méridionnales

Ces deux agences sont pacées à Constance puis partiront à Augsbourg, sous la présidence de de Vezet, Dandé, Imbert Colomès et Précy.

La troisième : le reste du royaume, dirigée par les commissaires de Paris: Brottier, Duverne de Presle et la Villeheurnoy.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. conde
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

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Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Merci de laisser un commentaire.

Serge Billard Baltyde

2 Responses to Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française: 1796

  1. de lambert frederique

    bravo et très intéressant ! je suis en recherche de renseignements sur Degout Lachamp dont vous parlez : pourriez vous me donner vos sources s’il vous plait ?
    Cordialement

    Frédérique de Lambert

    • Serge Billard

      Les sources sur le Marquis de Bésignan sont toutes citées dans la bibliographie du chapitre en question. Merci pour votre commentaire.
      Désolé pour le retard du à un changement de lieu de profession (Polynésie) et à une attaque de virus informatique
      Cordialement

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