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1795

Le 26 février, Marie Jeanne Martine Duclos, épouse du marquis, fut libérée de la prison de « Vienne la Patriote » en Isère, après avoir effectuée 27 mois de détention sans jamais être passée en jugement.

Le 6 mars suivant, l’arbre de la liberté de Crest fut endommagé, puis brûlé.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. arbre
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Emeute contre l’arbre de la Liberté

Et ce fut le premier avril qu’eut lieu l’insurrection parisienne contre la Convention, immédiatement. suivies de celles de Puy St Martin et de La Bâtie Rolland, les 02 et 11 du même mois.

Dans ce même mois d’avril, nous retrouvons le marquis de Bésignan à Lyon où il dirige « La compagnie de Jehu ».

« Pendant la période qui suivit la Terreur se constituèrent des bandes formées de royalistes et d’anciens Girondins qui après le 9 Thermidor, exercèrent de sanglantes représailles contre les complices de la Terreur. Dans ce contexte apparurent à Lyon et dans le Midi des agents royalistes constitués en sociétés secrètes. Parmi elles, la Compagnie de Jéhu appelée aussi par les historiens Compagnie de Jésus ou du soleil.

D’après l’ Histoire de la ville de Lyon de Montfalcon , c’est au mois d’avril 1795 que s’organisèrent à Lyon les Compagnies de Jehu. En mai 1795 elles massacrèrent une centaine de prisonniers qui avaient participé à la Terreur. Pour éviter le renouvellement ailleurs de faits de ce genre, les autorités firent transférer les prisonniers. On transporta en particulier des détenus de Bourg à Lons le Saunier et réciproquement. Ils tombèrent dans des embuscades et furent massacrés (30 germinal et 13 prairial An III).

Les auteurs des massacres de Lyon et de Bourg furent retrouvés. Un arrêté du Directoire exécutif du 13 messidor an V envoya devant le directeur du jury de l’arrondissement d’Yssengeaux (Roger Deschamps) plus de 120 individus compromis dans ces troubles et ces scènes sanglantes dont les départements du Rhone, de l’Ain, et du Jura avaient été le théatre. Les principaux accusés étaient Astier de Lyon, Gingenne également de Lyon, Picard, Piard et Pérussel du Jura, ils furent jugés devant le tribunal criminel du Puy (Haute Loire) le 8 germinal An VII. » http://www.guichetdusavoir.org/ipb/index.php?showtopic=7552

Le 04 mai, on massacrait les Jacobins emprisonnés à Lyon.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. massacre Lyon
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Massacre des Jacobins à Lyon

Le même jour, Joseph Dominique Bonnefoi, membre du directoire, paraphait les registres d’état civil des communes du district de Nyons.

Quatre jours plus tard, naissait au Poët Sigillat Jean Pierre Monnier dont la déclaration officielle en mairie se fera le 30 septembre 1809 soit 14 ans après !

Le 15 mai, naissait, toujours au Poët Sigillat, Louis Séguret dont la déclaration fera aussi l’objet d’un rattrapage le 30 septembre 1809…

Le 16 mai, un traité d’alliance était signé entre la France et la Hollande, tandis qu’à Paris des insurrections avaient lieu.

Condé reçoit l’ordre d’aller occuper le cantonnement de Mulheim en Brisga à deux lieues de Bâle. Son armée est maintenant à la solde de l’Angleterre et non plus de l’Autriche.

C’est à cette date que le prince de Condé tente de négocier avec Pichegru.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. pichegru
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Pichegru
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Fauche Borel
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Fauche Borel

Fauche –Borel rencontre Montgaillard et Antoine Courant à Neufchâtel pour convenir d’un plan de négociation. Montgaillard, qui se fait appeler le comte de Montgaillard, s’appelle en réalité Jean Marie Roques. Il appartient à une famille honorable du Languedoc, ayant simplement des alliances dans la noblesse locale. Après avoir fait six ans de guerre en Amérique, on le retrouve capitaine en second dans le régiment d’auxerrois. Il avait quitté la France pour Londres le 3 septembre 1792. Mais on le retrouve dans Paris en 1793 et 1794, où il est logé dans l’hôtel de Malte, sis rue de la loi. Il est décrit comme « petit homme au teint pâle avec une épaule contrefaite

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. wickham
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. John Wickham

Wickham, l’agent anglais, est à Berne en juillet. Il donne ses ordres de virement à une banque de Lausanne, tenue par Mr Marcel et Carrard. Les relations sont difficiles car un foyer de dénonciation est né à Bâle chez le secrétaire de légation, Bacher, agent révolutionnaire chargé de propager les idées révolutionnaires en Suisse et en Allemagne. Chacun va donc prendre un nom d’emprunt pour éviter les poursuites :

  • Wickham = bleuet
  • Montgaillard = Pinault
  • Pichegru = banquier
  • Autrichien = Y

Le 23 mai, les royalistes se rebellaient au Buis. Les arbres de la liberté avaient été brûlés ou coupés à la hache, un peu partout, en mars et avril.

Toujours au Poët Sigillat, naissaient le 4.06.1795, les jumeaux, Jean et Margueritte Ballot qui feront l’objet de deux déclarations !

Bertrand de Montfort fit pression sur la municipalité de Buis pour désarmer 18 terroristes le 6 juin. Mais 72 citoyens de la ville demandèrent alors la destitution du conseil municipal. Le directoire du département contesta la validité démocratique des pétitionnaires et rétablit les officiers municipaux.

Le 8 juin, mort de Louis XVII, au Temple.

(Bonjour. Le faux Louis XVII est mort le 8 juin 1795 et non le 3, comme vous l’indiquez. Salutations. JC Pilayrou, jcmp@hotmail.fr. A lire : http://louisxvii.canalblog.com/)

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. mort de louis XVII au temple
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Mort de Louis XVII au Temple

Le 23 juin, les émigrés débarquèrent à Quiberon et le Comte de Provence, devenu Louis XVIII, affirma sa volonté de restaurer la monarchie absolue «sans les abus».

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Débarquement à Quiberon
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Débarquement à Quiberon des troupes émigrées

Il réside alors à Vérone, est appelé jusqu’alors Monseigneur le Régent par les émigrés. Ses conseillers sont désignés à l’époque :

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. comte de Saint Priest
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Comte de Saint Priest

Le comte de Saint Priest, ministre de son frère, qui est actuellement ministre chargé de mission à St Petersbourg et à Vienne et qui restera éloigné jusqu’en 1797.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. duc de La Vauguyon
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Duc de La Vauguyon

Le duc de La Vauguyon qui arrive en 1796.

Il va rejoindre dans cette cour de Vérone le comte d’Avaray, le duc de Villequier, le duc de Fleury, le marquis de Jaucourt, le baron de Flaschlanden et le comte de Cossé.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. marquis de Jaucourt
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Marquis de Jaucourt

Le comte d’Avaray est l‘éminence grise du nouveau roi, bien qu’il ne siège pas au début dans le conseil du roi, formé par le maréchal de Castries, le marquis de Jaucourt et le baron de Flaschladen. La Vauguyon va s’efforcer de détruire ou de paralyser cette influence en lui proposant de rentrer dans ce conseil.

Mais d’Avaray, qui a accompagné le comte de Provence, maintenant Louis XVIII, dans sa fuite de Paris, lors de la nuit du 20 au 21 juin 1791, est un ami fidèle, un vrai frère d’exil. Il est décrit comme un homme d’honneur, incapable de bassesse, ennemi de l’intrigue. Il répugne à se servir d’agents étourdis ou sans scrupule.

Pendant le séjour du roi à Vérone, l’agent du Directoire, Bacher, traque les émigrés à Bâle.

Fauche-Borel signale dans ses mémoires, page 270, tome 1, que le marquis de Bésignan envoyait régulièrement des rapports vantant les progrès de l’esprit monarchique dans le Comtat, au cours de l’été 1795.

Pendant les mois de mai et juin, le marquis de Bésignan, sans ordre et donc sans soutien officiel, vint participer à un mouvement insurrectionnel dans la région de Bourges. Il voulait profiter de ce complot pour s’emparer de la citadelle de Besançon et par cette occasion, nous le pensons, faire reconnaître ses talents et être enfin écouté de ses maîtres. Seulement, sa correspondance ayant été saisie sur un postillon, le marquis dut aussitôt renoncer à son projet. Recherché par la police, il se cacha quelques temps à Lyon .

Presque deux mois plus tard, dans la région de Buis les Baronnies et de la vallée de l’Ouvèze, une bande royaliste prit pour emblème le drapeau blanc et pour nom «Compagnie du Soleil». Elle avait adopté pour devise : « Nous commençons à y voir clair ». La bande s’était armée et se rendit les 02 et 03 août chez des particuliers connus comme fervents révolutionnaires. Ceux-ci n’eurent que le temps de prendre la fuite pour se réfugier à Cost dans une grange appartenant à Blanchard. Ils y furent découverts le 05 août par leurs ennemis, qui, de leur propre chef, arrêtèrent les prétendus «terroristes». Ils les amenèrent à la maison d’arrêt et obligèrent le gardien, Joseph Charreiron, à les incarcérer.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. compagnie du soleil
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Compagnie du soleil

Malheureusement pour eux, le 14 du même mois, un arrêté du directoire du département ordonna la libération des citoyens illégalement incarcérés. Ainsi les 19 royalistes furent interpellés par un corps de gendarmerie spécialement formé pour la dissolution de la « Compagnie du Soleil ». La fin de cette révolte n’intervint en fait que vers le 27 août.

Le 02 septembre, le marquis de Bésignan, Pierre Charles Joseph Marie Duclos, fit une demande officielle au district de Nyons pour être rayé de la liste des émigrés. Caché dans les derniers milieux royalistes de Lyon, il fournit, comme preuve de sa bonne foi, un certificat de résidence sur Lyon où il prétendit habiter depuis le 08 septembre 1792 et ce jusqu’au 11 janvier 1795. Mais deux lettres, annexées au dossier et datées du 13 août 1792, l’une timbrée de Berne et signée Maurice, l’autre timbrée de Rome mais non signée, vinrent contrecarrer ses espoirs. Ces courriers servirent de preuves accablantes et la demande fut refusée.

Bonaparte, général de l’armée d’Italie, vole de victoires en victoires. Il demande alors l’expulsion du roi de la ville de Vérone, sur ordre du Directoire. Le roi rejoint alors l’armée de Condé à Riegel, Mannheim, dans les états de Baden, enclave de Brisgaw. Il s’installe dans le palais du prince de Schwartzenberg. Cette arrivée de Louis XVIII donne un regain aux activités des royalistes. Wickham rejoint aussi la cour du roi de France.

Le premier octobre, les Français occupaient la Belgique.

A cette époque, débutent les premières négociations de Montgaillard avec le général Pichegru. Montgaillard est déjà en relation avec le comte d’Antraigues.

Le 05 octobre 1795, Bonaparte rétablit l’ordre à Paris. Il aida à écraser l’insurrection royaliste contre la Convention.

Insurrection
Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Après l’échec de l’insurrection du 13 vendémiaire (5 octobre 1795), les mesures contre les émigrés, les prêtres réfractaires et les contre-révolutionnaires sont renforcées. Il y a des agents royalistes dans tout le pays. L’Angleterre fournit l’argent nécessaire pour acheter les appuis. Ainsi, Condé négocie avec Pichegru et l’armée du Rhin. Pendant le même temps, les royalistes de Lyon et du Sud Est annoncent un soulèvement imminent avec le soutien de Kellermann. Une lettre de Teissonnet à Wickham, deux célèbres émissaires royalistes, datée du 21 septembre 1795 parle de l’insurrection du Vivarais, des Hautes Cévennes et du Gévaudan.

Le 13 novembre 1795, Imbert-Colomès écrit à Louis XVIII qu’il aura, en trois jours, 40 000 hommes prêts à se battre sur 5 à 6 départements. Cette troupe sera sur pied de guerre en décembre. Ce royaliste de terrain veut une lettre signée de main du roi pour agir avant l’arrivée de Précy.

Le 18 novembre 1795, Bésignan, qui intriguait auprès de Condé pour avoir un commandement, est surpris en passant la frontière et laisse entre les mains des douaniers un manuscrit volumineux et une abondante correspondance qui révèle une partie des plans d’Imbert-Colomès. En fait, il s’agit d’un projet de soulèvement des contrées de l’Est, longuement organisé par l’agence de Souabe avec le concours de Wickham. Bésignan se les ai approprié lors d’un séjour en Suisse. Il les avait ensuite proposé au roi comme son œuvre personnelle, mais, dans ses allées et venues incessantes à travers les frontières, il venait de se faire prendre.

A la fin du mois de novembre, la découverte de ce complot sur Besançon entraîne une vague d’arrestations dans les milieux royalistes mais les chefs arrivent à fuir pour la Suisse ou gagnent les montagnes. Imbert-Colomès qui a fuit à Lausanne, écrit au prince de Condé au sujet de Duclaux :  « Si le Directoire exécutif avait été jaloux de la faire arrêter, c’aurait été chose facile, ce qui ferait présumer Bésignan capable de trahison puisqu’il est encore libre. » . La mémoire de notre marquis mérite probablement d’être lavée de ce soupçon, exprimé par un désappointement évident. Bésignan avait trop de comptes à rendre aux tribunaux pour espérer sauver sa tête sur le prix d’une délation. Il est surtout coupable de ses imprudences légendaires. Il se sait en disgrâce auprès du roi et surtout auprès de son protecteur, le prince de Condé. Il choisira les camps du Velay et du Forez, évitant de croiser ainsi le chemin d’Imbert-Colomès.

Deux clans se distinguent alors: les aventuriers qui ont pris part à l’insurrection armée et les pondérés qui préfèrent gagner la confiance populaire, pénétrer les administrations pour ensuite renverser la constitution et rétablir la monarchie.

Les plus extrémistes se réfugient dans la région de Jalès et aux confins de l’Ardèche, du Gard et de la Lozère. Ils sont désavoués par les princes et les agents de l’Angleterre car ils se livrent pour la plupart aux pillages et établissent une contribution forcée aux acquéreurs de biens nationaux. La haine augmente entre les « royalistes, muscadins, chouans ou brigands » et les « terroristes, anarchistes ou buveurs de sang ». Les attaques à main armée et les assassinats se répètent. Le 23 septembre 1795, les arbres de la Liberté sont arrachés dans le canton de Lamastre par un bataillon de 300 hommes. Le 1er décembre, un complot royaliste pour attaquer Villeneuve de Berg est découvert. En réponse, les jacobins, maîtres de cette ville, ordonne la perquisition dans plusieurs maisons suspectes. La journée comptera de nombreux blessés. Le 21 décembre, le département y envoie un détachement de trente hommes avec un officier de gendarmerie afin d’assurer la sécurité. Les incidents, de plus en plus violents, font tâche d’huile dans tout le Sud ; Joyeuse, Bourg Saint Andéol, Annonay.

Fin de la Convention.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

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Serge Billard Baltyde