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En janvier, les «Colonnes Infernales de Turreau» dévastèrent les campagnes.

turreau

Le 14 nivôse an 2 (3 janvier 1794) furent créé les comités de surveillance.

Dans ce même mois, Jalle-Bois-Vert redevint Sainte Jalle.

Le 16 ventôse an 2 (6 mars1794), un décret annonçait que les troubles de Buis étaient terminés.

Le 18 mars, dans une deuxième lettre, le sieur Espoullier de Bésignan réclamait encore le remboursement des frais occasionnés lors du siège du château de Bésignan, à savoir le paiement de son unique mule qui avait été réquisitionnée, une selle prise quelques jours auparavant et 182 livres 9 sols de dépenses de nourriture pour les assiégeants. Cela faisait plus d’un an qu’il espère rentrer dans ses frais.

En avril, l’hiver devint encore plus rude. Le bois de chauffage manquait sur les marchés ainsi que les denrées de première nécessité.

Le 03 avril, Joseph Duclos, toujours détenu dans la prison de Montélimar, savait que ses biens allaient être mis en vente. Le directoire du district de Nyons l’informa qu’il bénéficierait d’une provision de 2500 livres à prendre sur le nommé Fanjon, fermier de Mirabel.

Avril : exécution de Danton, de Desmoulins et des dantonistes.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. desmoulins

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Camille Desmoulins

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. danton

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Exécution de Danton

Le 26 avril, il fut procédé à la mise en vente au quartier Saint Martin de Nyons de la propriété du Marquis de Bésignan, tenue par Enselme Favier, le fermier de Duclos.

Quatre jours après, soit le 30 avril, Duclos père, envoyait un nouveau courrier dont voici quelques extraits :

« J’ay eu beau dissimulé, et cacher ma détresse depuis cinq à six ans, que j’étais en instance avec mon fils, elle a été publique et elle l’est encore plus que jamais…

Atteint de fluxion pitiuteuse…

Hélas, depuis que je quittais le château pour venir me jeter entre les mains du commandant du blocus pour me faire conduire au district, lui demandant sa sauvegarde et sa protection…

Un fils a été victime des flammes puis en est mort…

Seuls six hommes de travaux et son frère, dans le château…

En fait, les rumeurs d’attroupement correspondaient à l’affluence sur les chemins de gens venant pour la foire de Sainte Jalle…

Le château appartenait à mon épouse Geneviève Duclos décédée en 1785, de qui je suis héritier…

Je fis une élection en faveur de mon fils, qui trompa mon bon cœur par des manières dissimulées…

L’élection faite, la dissimulation cessa et un respect et sa soumission se changèrent en mépris. Il me quitte de manière indigne…

Il fit des acquisitions extravagantes et capables d’effectuer la ruine…

Il fit des emprunts très considérables et, ayant appris qu’il en négociait encore pour 30 à 40.000 livres, je me décidais pour l’arrêter, à faire ma révocation de son élection à cet héritage…

Le 20 avril 1786, je voulu le ramener pour un accommodement que je lui fis proposer…

Je me trouvais déjà dans la détresse, chargé de l’entretien de mon fils cadet et d’une fille malade, alitée depuis quelques années et morte après…

Nous avons acquis Bésignan en 1755. Le revenu à cette époque était d’environ 2400 à 2500 livres annuelles…

Au mariage de mon fils (1780), le revenu était de 5000 livres… (voir note en fin de châpitre)

J’ai créé des ateliers publics pour faire travailler les pauvres…

A la fin de l’année 1767, je n’ai pu aller à Mirabel qu’après les fêtes de Noël car je distribuais des grains aux pauvres ainsi que du pain comme tous les ans…

Cette année, il n’y avait plus de blé après le mois de mai, donc j’ai fait un emprunt de 6000 livres pour faire subsister les pauvres… »

Il demanda son élargissement de la citadelle auprès des comités de surveillance de Sainte Jalle et Bésignan…

Il en était à 8 mois de prison…

Le tribunal révolutionnaire de Paris condamna le 7 mai 1794 les complices de Duclos :

Jugement rendu par le tribunal révolutionnaire établi à Paris par la loi du 10 mars 1793, séant au Palais de Justice à Paris :

Qui, sur déclaration du juré de jugement portant qu’il est constant que Chevandier, Ferrier, Sulpice, Guintrand, Fity et Pascal sont auteurs ou complices de la conspiration qui a existé au mois d’août 1792, dans la commune dite ci-devant château de Bésignan, district de Nyons, département de la Drôme, tendant à troubler l’Etat par une guerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres et contre l’exercice de l’autorité légitime, par suite de laquelle conspiration de contre-révolutionnaires, réunis et retranchés au dit château, ont tiré sur les magistrats du peuple et sur la force armée.

Condamne à la peine de morts les dits Chevandier, Ferrier, Sulpice, Guintrand, Fity et Pascal, conformément à l’article II de la 2° section du titre premier du code pénal

Du 18 floréal, au deuxième de la République Française, une et indivisible.

Au nom du peuple français, le Tribunal révolutionnaire a rendu le jugement suivant :

Vu par le tribunal l’acte d’accusation porté contre

  1. René François Louis Chevandier, né à Valdrôme, y demeurant, département de la Drôme, lieutenant dans la gendarmerie nationale.
  2. Vincent Ferrier, âgé de 33 ans, né à Rieul, département de la Haute Garonne, demeurant au Buis.
  3. Joseph Sulpice, âgé de 23 ans, né au Mans, département de la Sarthe, ci-devant domestique chez Duclos Bésignan, demeurant dans la commune de Bésignan.
  4. Joseph Hiacinte Guintrand, âgé de 30 ans environ, matelassier, demeurant à Vaison, ci-devant Comtat.
  5. Jean Joseph Fity, âgé de 30 ans, né à Nevers, département de la Nièvre, menuisier, demeurant au Buis.
  6. François Pascal, âgé de 30 ans, né à Astheault (Hautes Alpes) demeurant au Buis, tous aussi du département de le Drôme.

( Ce jugement est rendu contre d’autres accusés, mais n’appartenant pas au département de la Drôme, et dont les faits qui leur sont reprochés n’ont aucune connexité avec l’affaire de Bésignan. La présente copie n’en parlera donc pas.)

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. fouquier

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Antoine Quentin Fouquier

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. fouquier

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Fouquier siégeant au tribunal

Antoine Quentin Fouquier, accusateur public du tribunal révolutionnaire établi à Paris par décret de la Convention Nationale du 10 mars 1793, an 2 de la République, sans aucun recours au tribunal de cassation, en vertu du pouvoir à lui donné par l’article II d’un autre décret de la Convention du 4 avril suivant, portant que l’accusateur public du dit tribunal est autorisé à faire arrêter, poursuivre et juger sur la dénonciation des autorités constituée ou des citoyens ;

Expose que par jugement du tribunal criminel du département de la Drôme,

Martine Duclos, femme Bésignan, Vincent Ferrier, Joseph Hiacinte Guintrand, François Pascal, Joseph Sulpice, Jean Joseph Fity dit Minervois, François René Louis Chevandier et Jean François Mialhe ont été envoyés au tribunal révolutionnaire comme prévenus, savoir, les dits Duclos, Ferrier, Guintrand, Sulpice, Pascal, Fity et Chevandier, d’avoir formé des trames et complots au ci-devant château de Bésignan, tendant à provoquer la guerre civile en armant les citoyens les uns contre les autres,

Et le dit Mialhe, d’avoir pratiqué des manœuvres et intelligences tendant à ébranler la fidélité des citoyens et soldats français, et favoriser leur désertion.

Qu’examen fait, tant des dits interrogatoires subis par chacun des prévenus, par devant le tribunal, que par pièces adressées à l’accusateur public, il en résulte que dans le moment où le traître Capet ourdissait ses trames dans tout l’empire pour anéantir la liberté, l’infâme Bésignan, que la fuite a dérobé au châtiment de ses forfaits, sa femme et les nommés Ferrier, Pascal, Sulpice et Guintrand, Fity et d’autres aussi échappés au glaive de la loi, s’étaient préparés à seconder ces traîtres liberticides, ayant en effet, en imitant le tyran, voulu massacrer les citoyens et les magistrats du peuple qui se présentaient au ci-devant château de Bésignan, pour déjouer leurs complots en les désarmant.

 

 

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Jugement du tribunal révolutionnaire; Accusateur public, Fouquier

 

En effet, le district de Nyons, informé par les déclarations de plusieurs citoyens des projets contre- révolutionnaires qui existaient au château de Bésignan, s’y transportèrent avec la force armée, pour dissiper le rassemblement qui y existait et saisir les preuves de la conspiration et s’emparer des coupables.

C’est le 22 août 1792 que les administrateurs, commissaires nommés par le district pour faire cette opération, se transportèrent au château, où la conspirateur Bésignan a déclaré qu’il ne connaissait pas d’autorité constituée et que les pouvoirs des commissaires étant postérieurs à la suspension du Capet, il n’obéirait pas, qu’il était résolu à s’ensevelir sous les ruines de son château, et que s’il périssait, il périrait beaucoup de monde.

Il faut observer que Bésignan avait arboré un drapeau rouge sur lequel était écrit : Déclaration de guerre.

Les commissaires ne se croyant pas suffisamment en force pour faire exécuter la loi, ne voulant pas faire répandre le sang des citoyens sans la certitude de réduire les rebelles, se retirèrent et obtinrent du conseil d’administration du département de la Drôme un autre arrêté portant réquisition au chef de l’état major de l’armée du Midi de prêter les secours de troupes de ligne ou de la garde nationale et de l’artillerie nécessaire pour réduire le ci-devant château de Bésignan et pour prendre toutes les mesures nécessaires pour étouffer ce foyer de conspiration.

En effet, les 25, 26 et 27 furent employés à l’exécution de ces mesures, devenues si importantes dans les circonstances. Il paraît que pour attirer les citoyens par la confiance, Duclos avait arboré un drapeau blanc, mais, tandis qu’on préparait le sommations à faire au dit Duclos, ce scélérat tira et fit tirer par ses complices des coups de fusil et de carabine sur les magistrats du peuple et sur la force armée ; Alors on requit le commandant militaire de faire usage de la force armée contre les assassins, mais les citoyens gardes nationaux, n’écoutant que ce courage indomptable qui brave et affronte tous les dangers, quand il s’agit de faire triompher la cause de la liberté et assurer l’exécution de la loi, ne balancèrent pas à répondre à cette lâche trahison, par la force des armes. Les conspirateurs, ne pouvant tenir, prirent la fuite, armés de fusils et de pistolets, par des chemins inconnus et vers lesquels on n’avait pas eu la précaution de diriger des sentinelles. Le feu fit mis au repaire des conspirateurs et commença la vengeance que la puissance du peuple devait tirer de cet exécrable attentat.

Les preuves écrites des complots formés par Bésignan et de ses intelligences ont cependant été saisies. Un manifeste manuscrit de Brunswick, un projet de manifeste rédigé par Bésignan lui-même, et signé par lui, en faveur des princes, des lettres contre-révolutionnaires présentant les détails de ses manœuvres et de la complicité des prévenus avec cet infâme chef de conspiration.

Un écrit à Guintrand :

«Je souhaiterais que Monsieur de Bésignan eût chez lui cinq cents hommes comme vous, douze canonniers de la bonne espèce et dix pièces de huit, et je le croirais en sûreté contre une armée de six mille hommes. Je voudrais être le cinq cent unième contre des brigands.»

Dans une autre lettre, on remarque:

«Je n’ai pas vu Ferrier. Il a dit que Madame était fâchée contre moi de n’avoir pas envoyé des hommes le soir que vous le demandiez. Vous aurez un renfort, lui écrit-on dans une autre, de quatre ou cinq hommes ; aussi courage et fermeté. Il vient d’arriver deux gendarmes de Nyons qui nous ont assuré que Monsieur Duvillard y avait été avec eux pour éviter qu’il ne se fît aucun mal.»

L’un de ces gendarmes était évidemment Chevandier, complice de Bésignan; outre qu’à la première opération des commissaires du district de Nyons, qu’il assistait ,il se déclara en faveur de Bésignan, une correspondance qu’il a eu avec ce conspirateur, et trouvée après sa fuite, une lettre écrite par lui-même à son frère, ne laissent aucun doute à cet égard. Cet homme était déjà connu pour un contre-révolutionnaire prononcé et à Carpentras, il se vit déjoué au moment de devenir la victime de la juste indignation que le peuple éprouvait contre ce traître.

Quant à sa conduite dans la conspiration, elle est tracée par ses mains dans une lettre : « Le château a été incendié et rasé, écrit Chevandier. J’avais fait tout ce qui avait dépendu de moi pour empêcher ce malheur. J’avais eu en conséquence la maladresse de lui écrire pendant deux fois relativement à son affaire.

Quant à Ferrier, Guintrand, Pascal et Sulpice, ils ont été les complices avec d’autres aujourd’hui en fuite de l’infâme Duclos. Ils ont fait feu sur les magistrats du peuple et sur la force armé. Ils sont sortis, de leur aveu, armés de ce repaire de contre-révolutionnaires. Ferrier avait eu le poignet emporté dans l’action, par une carabine qui lui creva dans la main, parce qu’elle était trop chargée ; preuve évidente de la rage dont ce forcené était animé contre les patriotes. Une instruction criminelle avait été commencée dans le département de la Drôme contre ces lâches assassins, mais il paraît que l’intrigue en a entravé la marche pour sauver les coupables, s’il eût été possible.

Quant à Mialhe, il paraît qu’au mois de juin 1793, il a provoqué et favorisé la désertion de plusieurs soldats volontaires du second bataillon des côtes maritimes, en garnison à Donzère et Montélimar. C’était lui qui les engageait à la désertion. Il les accompagnait de l’autre côté du Rhône et leur fournissait même des faux passeports et des certificats.

Chevandier, Beausire, Philippe et Pascal, les complices de l’infâme Duclos, sont encore prévenus d’avoir, dans la maison d’arrêt de l’Egalité, dans le courant du présent mois, ourdi une nouvelle trame pour forcer la maison d’arrêt. Pascal, rencontrant un détenu, lui dit qu’ils étaient des sacrés bêtes de se laisser mener au tribunal, qu’on le menait à la boucherie, qu’ils étaient assez de monde pour en empêcher.

Louis François Chevandier ajoutait qu’il y avait dans la maison d’arrêt 40 à 60 lurons qui avaient servi, et qu’ils étaient sûrs d’eux, ; que ces 40 à 60 lurons étaient d’accord ; qu’ils feraient marcher les autres d’autorité ; qu’ensuite, après s’être assurés des gardiens, pris les clefs, ils iraient au premier corps de garde se saisir des armes, et qu’ils étaient sûrs que la moitié de Paris se soulèverait, et notamment les signataires des pétitions.

D’après l’exposé ci-dessus, l’accusateur public a dressé la présente accusation contre la femme Duclos, Vincent Ferrier, Sulpice, Hiancinte Guintrand, Joseph Fity, François Pascal, René Chevandier, etc.

Savoir contre la femme Duclos, Vincent Ferrier, Joseph Sulpice, Hiacinte Guintrand, Fity, Pascal, Chevandier, pour avoir conspiré contre le peuple français, en participant aux trames et complots ourdis au ci-devant château de Bésignan, tendant à provoquer la guerre civile, et à armer les citoyens les uns contre les autres, pour l’effet desquels les dits prévenus auraient fait feu au ci-devant château de Bésignan, sur les magistrats du peuple et sur la force armée.

Contre Mialhe, pour avoir pratiqué des manœuvres et intelligences tendant à ébranler la fidélité des défenseurs de la patrie, en provoquant, excitant et encourageant la désertion des volontaires, et en leur fabriquant des faux passeports et de faux certificats.

Contre Pascal, Guintrand, etc pour avoir conspiré contre la république française, en pratiquant des manœuvres et ourdissant des complots dans les maisons d’arrêt de la Force, de l’Egalité, à l’effet de forcer les dites maisons d’élargir les détenus et dissoudre la représentation nationale en renversant le gouvernement révolutionnaire.

En conséquence, l’accusateur public requiert qu’il lui soit donné acte, par le tribunal assemblé, de la présente accusation ; qu’il soit ordonné qu’à sa diligence, et par un huissier du tribunal, porteur de l’ordonnance à intervenir, les dits prévenus ci-dessus dénommés seraient pris de corps et écroués sur les registres de la maison d’arrêt de la Conciergerie, pour y rester comme en maison de justice, comme aussi que l’ordonnance à intervenir sera notifié aux accusés et à la municipalité de Paris.

Fait au cabinet de l’accusateur public, le 17 floréal, l’an second de la République française, une et indivisible.

Signé : A.Q. Fouquier

L’ordonnance de prise de corps rendue le même jour par le tribunal assemblé contre les dits prévenus, le procès verbal d’écrou et de remise des personnes de tous les détenus dénommés dans l’acte d’accusation, dans la maison d’arrêt de la Conciergerie et la déclaration du juré portant :

« Qu’il est constant que les dits Chevandier, Ferrier, Sulpice, Guintrand, Fity et Pascal sont auteurs ou complices de la conspiration qui a existé au mois d’août 1792, dans la commune dite ci-devant château de Bésignan, district de Nyons, département de la Drôme, tendant à troubler l’Etat par une guerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres et contre l’exercice de l ‘autorité légitime, par suite de laquelle conspiration des contre-révolutionnaires, réunis et retranchés au dit château, ont tiré sur les magistrats du peuple et sur la force armée.

Le tribunal, après avoir entendu l’accusateur public sur l’application de la loi, condamne à la peine de mort les dits Chevandier, Ferrier, Sulpice, Guintrand, Fity et Pascal, conformément à l’article II de la 2° section du titre premier du code pénal, dont il a été donné lecture et ainsi conçu :

« Toutes conspirations et complots tendant à troubler l’Etat par une guerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres, ou contre l’exercice de l’autorité légitime, seront punis de mort. »

Déclare leurs biens acquis à la République, conformément à l’article II du titre II de la loi du 10 mars 1793, dont il a aussi été fait lecture et ainsi conçu :

« Les biens de ceux qui seront condamnés à la peine de mort seront acquis à la République et il sera pourvu à la subsistance des veuves et des enfants, s’ils n’ont pas de biens ailleurs. »

Ordonne qu’à la requête et diligence de l’accusateur public, le présent jugement sera exécuté, dans les 24 heures, sur la place publique de la Révolution de cette ville, imprimé, publié et affiché dans toute l’étendue de la République.

Fait et prononcé le 18 floréal, l’an II de la république française, une et indivisible, à l’audience du tribunal, où siégeaient les citoyens Pierre Noël Subleyras, vice-président, Charles Bravet et Jean Ardouin, juges, qui ont signé la minute du présent jugement, avec le commis greffier.

Au nom de la république, il est ordonné à tout huissier sur ce requis de faire mettre le dit jugement à exécution, aux commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu’ils seront légalement requis, et aux commissaires du pouvoir exécutif d’y tenir la main.

En foi de quoi, le présent jugement a été signé par le président du tribunal et par les greffiers.

Signé :

Heimaix, président. JC. Lécrivain, greffier.

De Buis, Lieutenant de gendarmerie Chevandier de Valdrôme, guillotiné le 07.05.1794

Charles Barbier de Villecroze, ancien maire

Clément, notaire

Jean Jacques Thune, juge au tribunal de district de Nyons, âgé de 41 ans, natif de Paul-les-Fontaines, domicilié à Montélimar, département de la Drôme, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 25 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

De Nyons, François Mathieu Auguste Romieu

Le 04 juin, Robespierre fut élu président de la Convention.

A la même date, Jean Blanchard et Jacques Arnaud de Bésignan, experts nommés par les Etats du Buis, accompagnés de Joseph Aubert et Joseph Etienne Reboul, fermiers du domaine de la Grange Neuve, appartenant à Duclos de Bésignan, en firent l’état des lieux :

  • – 1 porte d’entrée en bon état avec serrure fermant à clef.
  • – 1 porte pour monter à l’étage en bon état sans serrure.
  • – 2 étages.
  • – 1 loge à cochon.
  • – 1 loge à moutons.
  • – 1 écurie pour le bœuf.
  • – 8 quintaux de foin.
  • – 12 quintaux de paille.
  • – 1 terre en dessous de la grange, ensemencée de bled, d’environ 18 bleds froment, 3 eymines.
  • – 1 terre de pré de 6 eymines de bled et 4 eymines d’épeautre.
  • – 1 terre au Collet de 7 eymines ensemencée.
  • – 1 terre à Vercoiran, avec épeautre de 1,5 eymine.
  • – 1 terre à la Sagne, joignant celle au dessus de la grange, épeautre, 1,5 eymine.
  • – 1 pré adossé à la grange, faisant chemin entre deux.
  • – 1 terre au dessus de la grange en chaume, deux journées de labeur, 6 eymines de pommes de terre.
  • – 1 terre à l’adret en chaume, 6 journées de labourage, 1 eymines.
  • – 1 terre à La Casse, sans culture.
  • – 1 terre au Clot du pressoir, sans culture.
  • – 1 terre à La Gaspard, sans culture.
  • – 1 terre adossée au pré, sans culture.
  • – 2 coins de terre au dessus de la terre de la grange, sans culture.
  • – 1 vigne à l’adret, sans culture.

Le 08 juin eut lieu la fête de l’Etre suprême. Robespierre était à l’origine du culte de l’Être suprême, par lequel il prétendait donner à la vertu, principe et ressort du gouvernement populaire, un fondement métaphysique. Quatre grandes fêtes républicaines étaient instituées à la gloire des grandes journées de la Révolution: 14 juillet 1789, 10 août 1792, 21 janvier 1793 et 31 mai 1793. La fête de la Nature et de l’Être suprême inaugurait le nouveau culte, le 20 prairial an II (juin 1794).

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. etre supreme

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Fête de l'être suprême

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. etre supreme

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Fête de l'être suprême

Le 10 juin fut votée la loi du 22 prairial an II qui supprimait l’interrogatoire préalable et établissait la suspicion sans preuve matérielle d’« ennemi de la Révolution » pour finir sous la guillotine.

le 26 juin vit la victoire de Fleurus contre les Autrichiens.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. fleurus

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Victoire de Fleurus

Du 27 juin au 7 juillet, eut lieu la vente aux enchères des biens nationaux.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. biens nationaux

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Vente des biens nationaux en Indre et Loire, région de Tours

Le paiement des biens pouvait se faire en dix ans avec un intérêt de 5% par an.

Vente des biens de Thérèse Delphine de Villardy de Quinson, veuve du président Limaye :

  • – 97.5 hectares estimés à 36.679 livres , vendus à 109.135 livres
  • – Grand Grange, avec 90 moutons et ses deux noyers, adjugée à Jacomin, avocat de Nyons et membre de la convention, mais attribué au dixième feu pour 52500 livres.
  • – Ancien four banal acheté par la municipalité mais qui sera cédé à la caisse d’amortissement, créée par la loi du 20 mars 1813 pour faire face aux besoins toujours croissant des guerres de la fin du 1er empire.
  • – Vente du château en petites parcelles : 20 eymines de terres au château, estimées à 1000 livres, furent vendues à 5000 livres au onzième feu.

Le château de Gouvernet fut quant à lui vendu comme bien national et transformé en ferme. Une immense cheminée munie d’un four à pain fut remontée dans la cuisine.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. gouvernet

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Château de Gouvernet à St Sauveur Gouvernet

A cette époque il y eut l’intervention d’une « bande noire » de trafiquants qui restait maîtresse sur le marché. Pierre Martin Blanchard en faisait partie. Romieu, administrateur du département aussi, ainsi que Sautayra, député à la Législative puis à la Convention. Pierre Vigne, officier de santé, un « faiseur de petites étoffes », quelques manufacturiers et des aubergistes s’associèrent pour contrôler les enchères, acheter au plus bas et revendre ensuite par morceaux en faisant un bon bénéfice.

Le 29.06.1794 se déroula la vente des biens de Duclos sur Mirabel qui rapporta 671 livres 8 sous. Le total de la vente des biens de Duclos, concernant Mirabel, Nyons et L’Isle sur Sorgues rapporta un actif total de 44.348 francs dont 37.142 allaient servir à payer les créanciers.

Le 28 juillet, Robespierre, mourant, est guillotiné.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. robespierre

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Robespierre guillotiné

Le 24 août, Duclos père, qui croupit au fond de sa geôle, demanda pour la première fois officiellement, les motifs de son arrestation.

Nous n’avons pu trouver aucune trace précise des agissements du marquis de Bésignan dans les archives mises à notre disposition. Il campait, semble-t-il, dans l’entourage du prince de Condé, tout en se proposant pour soutenir les différents soulèvements populaires qui agitaient sporadiquement le Midi de la France. Ses haillons, son tempérament et sa verve méridionale étaient sûrement un handicap dans ce cercle d’aristocrates. Il est facile d’imaginer que ce fils des Baronnies jouait le rôle de trublion pour les yeux et les oreilles de ces seigneurs élevés dans les plus pures traditions.

La fin d’année fut marquée par :

– L’arrestation et mort de Condorcet.

– L’éxécution de Malesherbes, de Lavoisier, de Chénier.

– Le suicide de Chamfort.

– La libération de Sade.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. chamfort

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Chamfort

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Chenier

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. condorcet

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Condorcet

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. malheserbes et lavoisier

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Jugement de Malheserbes et Lavoisier

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Sade

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française. Le divin marquis de Sade

(NDRL :

Une seigneurie médiocre s’afferme avec terres et redevances de 1000 à 2000 livres auxquelles il faut ajouter les revenus en nature. Les revenus moyens d’un « petit noble » sont de 2000 livres par an tous revenus confondus.

Par exemple : Grignan 14.330 livres

Aleau 11.060 livres mais 830 livres de charge

Merline près Valence 1700 livres

Cheylas à Marche 1975 livres dont 177 livres de charge)

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

Histoire d’un Marquis pendant la Révolution Française.

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Serge Billard Baltyde